Bouquetin à Champagny le Haut en SAVOIE LIBRE

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mercredi 4 avril 2007

SEGOLENE ROYALE et son PROGAMME

Quel sera votre calendrier pour la réforme des institutions?

Il faut aller au plus simple et au plus rapide. Je mettrai en place, sous l'autorité du Premier ministre, un conseil consultatif constituant, avec des parlementaires, des représentants du Conseil économique et social, des élus locaux, des constitutionnalistes, ainsi qu'un jury de citoyens tirés au sort. La charte de laïcité que j'appelle de mes vœux sera, pour sa part, adossée à la Constitution.
Le Premier ministre pourrait-il être une femme?

Je ne m'interdis rien. Le Premier ministre, quel qu'il soit, aura un rôle très simple, une feuille de route claire: mettre en application le pacte présidentiel. C'est sur cette base que j'aurai été élue. Ce pacte présidentiel, que j'ai élaboré avec les Français, dans un rapport dialectique avec eux, au cours de cette belle phase de démocratie participative si décriée autour de moi, la moindre des choses est qu'il soit mis en chantier sans délai. Cette parole, qui est ma parole en même temps que la parole des Français que j'ai consultés, je m'engage aujourd'hui, solennellement, à ce qu'elle soit tenue. Et je viendrai personnellement, tous les ans, rendre compte devant le Parlement de l'application du pacte présidentiel.



«Une quinzaine de ministères me paraît une bonne hypothèse de travail», dites-vous dans votre livre. Faut-il modifier la structure gouvernementale actuelle?

Entre 15 et 18. Je veux stabiliser les découpages ministériels une fois pour toutes pour le quinquennat, sinon cela crée de l'incertitude et du désordre. Mêmes règles, mêmes structures pendant cinq ans: cela vaut pour les compétences ministérielles, mais aussi pour les règles fiscales et sociales, sous réserve d'évaluations, de réajustements ou d'éventuels effets pervers apparaissant en cours de route. Tout le monde, à commencer par les entreprises, a besoin de règles stables et simples. C'est pourquoi la Conférence nationale sur la croissance et les revenus sera immédiatement réunie, le Parlement sera ensuite saisi des travaux entre les partenaires sociaux et, à la fin de 2007, le paysage fiscal et social sera redessiné: c'est un engagement politique que je prends.
Un ministre pourra-t-il rester à la tête d'une mairie ou d'un autre exécutif local?

Etre ministre est un travail à temps plein. Mais je laisserai à chacun la liberté de conserver un simple mandat de conseiller municipal, pas d'adjoint au maire, pour garder un lien avec les électeurs.
Etes-vous sûre de parvenir à respecter votre promesse de modifier les statuts de la Banque centrale européenne (BCE) pour y faire figurer les objectifs de croissance et d'emploi?

Ce n'est pas une promesse. C'est l'expression d'une nécessité politique. Et c'est en Européenne fervente, résolue, que je vous le dis. D'abord, il faut un véritable gouvernement économique de l'Europe, qui n'existe pas aujourd'hui, avec, d'un côté, des chefs d'Etat et de gouvernement qui traitent des questions économiques et sociales chaque fois qu'ils se réunissent, et, de l'autre, des ministres de l'Economie et des Finances qui appliquent leurs instructions. La BCE ne doit pas être livrée à elle-même, sinon elle prend le pouvoir, comme une administration dans un ministère où les responsables politiques n'exerceraient plus leurs prérogatives. Je ne fais donc pas porter la responsabilité à la Banque centrale, mais aux chefs d'Etat et de gouvernement et à leur manque de volonté. Ensuite, je suis convaincue que les statuts de la Banque centrale, parce qu'elle les met souvent en avant pour justifier ses décisions, jouent un rôle important.
Ce n'est donc pas seulement une question de pratique?

La politique se fait aussi dans l'affichage des objectifs. Et mon objectif est d'élargir les missions de la BCE à la croissance et à l'emploi. Ce n'est pas l'avis actuel, je le sais, d'une majorité d'Etats européens. Mais cela peut évoluer en fonction de la situation économique. Si le chômage et les délocalisations continuent, si la croissance ne redémarre pas, les choses peuvent changer. Je connais mes futurs partenaires. Je ne crois pas qu'ils aient des positions si figées, ni si dogmatiques, qu'on le dit.
Le 1er juillet, date de la revalorisation légale du Smic, lui donneriez-vous un coup de pouce supplémentaire?

Oui, bien sûr, le Smic bénéficiera d'un coup de pouce. Même si elle relève de l'Etat, cette décision sera discutée avec les partenaires sociaux dans le cadre de la Conférence nationale sur la croissance et les revenus. Parce que je ne veux pas d'un écrasement de la hiérarchie des salaires et qu'il n'est pas question que les salariés rémunérés juste au-dessus du Smic n'aient pas de perspective d'augmentation. Le relèvement du Smic doit donc s'accompagner de la redéfinition d'une politique salariale. Pour ne pas pénaliser les entreprises de main-d'œuvre, il faudra accorder aussi, et en contrepartie, des allégements de charges sociales. C'est en France que l'on voit autant de salariés payés au Smic et pendant aussi longtemps, parfois toute la durée de leur vie professionnelle. Il y a là un vrai problème de déroulement de carrière qui doit être traité par la formation professionnelle.