Bouquetin à Champagny le Haut en SAVOIE LIBRE

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mercredi 4 avril 2007

SEGOLENE ROYALE et son Programme


Quel lien aurez-vous avec le Parti socialiste, si vous êtes élue?


Il faut trouver un juste équilibre. Le chef de l'Etat est élu au suffrage universel direct. Il ou elle représente tous les Français. Et il est, en même temps, issu d'une formation politique qui, en l'espèce, est le Parti socialiste et qui constitue la majorité parlementaire sur laquelle il doit s'appuyer.
Vous dites vouloir «dépoussiérer» le socialisme français. En quoi est-il poussiéreux?

Je veux faire le socialisme du réel, celui qui regarde les choses en face sans se sentir prisonnier d'un certain nombre de dogmes ou d'actions du passé. Par exemple, j'estime que nous n'avons pas suffisamment pris en compte les acquis de la pensée antitotalitaire des années 1970 et 1980. Ou bien, pendant très longtemps, nous n'avons pas osé dire que les 35 heures n'étaient pas forcément bien appliquées partou

Mais le bilan des 35 heures vous paraît-il négatif?

Non, les 35 heures n'ont pas été une erreur, ne tombons pas non plus dans l'exagération symétrique! Reconnaître qu'il faut les évaluer davantage et qu'elles ont créé dans certains secteurs plus de problèmes que de solutions, c'est se donner la capacité d'agir. Il faut savoir être cohérent et pragmatique. Fidèle à des principes et ouvert à la discussion, voire au compromis, quand il s'agit de leur application. Mais nous sommes dans un système, politique et médiatique, où il suffit de reconnaître une erreur pour que l'on cherche à tout détruire.
Revendiquez-vous ce droit à l'erreur?

Je suis modeste dans l'approche politique des choses et, en même temps, offensive dans ma volonté de réformer. Mais c'est l'éternelle histoire, n'est-ce pas, de l'ange qui fait la bête et de l'enfer pavé de bonnes intentions. Parfois, les bonnes intentions ne s'appliquent pas, sur le terrain, comme on l'avait imaginé. Alors, il faut le dire. Et réagir. L'administration française manque cruellement d'une culture de l'évaluation. On empile les réformes les unes sur les autres sans jamais évaluer les précédentes. Et c'est une partie du problème! C'est vrai dans le domaine de l'Education nationale. Ça l'est aussi pour l'emploi. Voyez les aides aux entreprises: il existe 700 procédures!
Est-ce au chef de l'Etat d'impulser cette politique d'évaluation?

Le chef de l'Etat donnera des instructions. Il dira à son gouvernement: il y a le pacte présidentiel, veillez à sa mise en application. Ensuite, il faudra qu'on lui rende compte. C'est à cela, d'abord, que doit servir le Conseil des ministres: que s'est-il passé au cours de la semaine écoulée? Actuellement, tous les mercredis, on engrange des réformes nouvelles sans jamais évaluer quoi que ce soit. Soyons concrets: les ministres me rendront compte de ce qu'ils ont fait pendant les sept jours précédents et de la manière dont ils évaluent l'application des réformes déjà adoptées; puis nous préparerons les réformes à suivre. C'est une question de crédibilité de la politique. Il y a un tel décalage, aujourd'hui, entre l'annonce d'une loi en Conseil des ministres, son vote et sa mise en application…
Faut-il donc fixer un délai?

Oui. Les décrets d'application seront prêts à être signés au moment où la loi sera déposée sur le bureau de l'Assemblée. Et il faudra tenir compte, bien entendu, des modifications inhérentes au débat parlementaire.
Il existe un Conseil de sécurité intérieure, présidé par le chef de l'Etat. Maintiendriez-vous cette instance?

Je maintiendrai cette instance. Les questions de sécurité sont cruciales et elles nécessitent une coordination entre ministères.
Votre réforme institutionnelle conduirait-elle à un régime parlementaire?

Non. Ce n'est pas parce que le Parlement voit son rôle consolidé que le régime redevient parlementariste! La stabilité des institutions sera maintenue. Et ma réforme institutionnelle est globale: elle ne concerne pas que les rapports entre le Parlement et l'exécutif. Le Parlement renforce son pouvoir de contrôle, mais plus aucune modification du Code du travail ne se fait sans négociation préalable avec les partenaires sociaux. Je veux aussi engager une nouvelle vague de régionalisation, car c'est la meilleure façon de réformer l'Etat et de lutter contre le gaspillage des fonds publics. Disons très clairement, à chaque échelon, qui est responsable de quoi.