Bouquetin à Champagny le Haut en SAVOIE LIBRE

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vendredi 8 juin 2007

SARKOSY et BUSH

HEILIGENDAMM, Allemagne (Reuters) - Nicolas Sarkozy fait état d'une "très grande communauté de vues" sur les grands dossiers internationaux avec George Bush, après avoir eu avec lui une heure d'entretien en marge du sommet du G8.

Le président américain est "légèrement indisposé ce matin (...) mais ça ne nous a pas empêché d'avoir un très large tour d'horizon sur l'ensemble de la situation internationale", a déclaré le président français, qui est venu seul devant les journalistes alors qu'un point presse commun était prévu.

"J'ai été très sensible au fait que malgré cette légère indisposition, le président Bush ait tenu à maintenir cette rencontre", a-t-il ajouté. "Sur l'ensemble des dossiers dont on a fait le tour, il y a une très grande communauté de vues."

Nicolas Sarkozy avait rencontré George Bush en septembre 2006 à la Maison Blanche quand il était ministre de l'Intérieur. En France, ses adversaires politiques avaient vu dans leur poignée de main très médiatisée un signe de "l'atlantisme" prêté à celui qui n'était encore que candidat à l'Elysée.

C'est en chef d'Etat qu'il ira fin septembre à New York pour l'Assemblée générale de l'ONU et, vraisemblablement, à Washington où George Bush l'a invité.

"J'ai bien sûr répondu positivement", a déclaré le président français. "Ce que j'essaierai de faire, c'est de conjuguer la visite à New York et la visite à Washington."

Un porte-parole de la Maison-Blanche, Dan Bartlett, a déclaré que le président Sarkozy avait parlé "avec beaucoup d'éloquence" à George Bush "de la nécessité d'un leadership européen fort" et d'une "alliance transatlantique forte".

Selon son entourage, Nicolas Sarkozy a évoqué avec le président américain toutes les crises régionales, du Liban à la Côte d'Ivoire en passant par l'Afghanistan.

Ils ont également parlé de la Russie et des relations avec le président russe Vladimir Poutine, avec qui ils ont eu tous les deux des entretiens jeudi en marge du G8.

Ils ont notamment évoqué la contre-proposition de Vladimir Poutine face au projet américain d'installation d'un bouclier antimissile en Europe centrale : l'utilisation conjointe par la Russie et les Etats-Unis d'une puissante station radar en Azerbaïdjan pour développer une défense antimissile au bénéfice de l'Europe dans son ensemble.

FERMETE A L'OMC

"La réponse du président Bush c'est : c'est intéressant, approfondissons les conditions techniques de cette proposition", a rapporté Nicolas Sarkozy. "Il y a une très grande harmonie entre la réponse du président des Etats-Unis au président Poutine et la proposition que j'ai faite."

Nicolas Sarkozy a proposé jeudi au président russe de faire étudier la proposition de Moscou par des experts militaires français et russes "pour comprendre de quoi il retourne".

"Tout doit être fait pour éviter un retour au climat de la guerre froide", a-t-il répété.

Il a d'autre part réaffirmé que la France et les Etats-Unis étaient "alliés et amis" en matière de terrorisme et assuré que leur politique vis-à-vis du Liban était très proche.

Sur le dossier nucléaire iranien, "la nécessité de l'unité de la communauté internationale passe naturellement par l'unité avec les Etats-Unis mais aussi avec la Russie", a-t-il ajouté.

En revanche, en ce qui concerne les négociations commerciales multilatérales à l'OMC, traditionnelle pomme de discorde entre Paris et Washington, il a dit avoir déclaré à Georges Bush qu'il entendait "défendre les intérêts" de l'économie et des agriculteurs français "avec la même vigueur" que le président américain "défend les intérêts de ses agriculteurs et de ses entreprises".

"J'ai indiqué (...) qu'on ne pouvait pas demander autre chose que de la fermeté dans la défense de nos intérêts respectifs", a-t-il insisté.

Nicolas Sarkozy a ajouté qu'il comprenait la nécessité de trouver un accord mais que cet accord "ne pouvait pas être fait au détriment des uns et à l'avantage des autres".

"Je réclame la réciprocité et la fin de la naïveté", a dit le président français.

Selon son entourage, il a également parlé avec Georges Bush de la Chine, du Japon, des élections américaines et de la succession entre Tony Blair et Gordon Brown fin juin, à la tête du gouvernement britannique