Bouquetin à Champagny le Haut en SAVOIE LIBRE

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dimanche 10 février 2008

CLEARSTREAM, CHIRAC, de VILLEPIN, les juges D'HUY et PONS et le compte du Japon.


L'ECHO des MONTAGNES, dans le légitime but de vous informer, continue avec la saga de l'affaire dite "CLEARSTREAM".
Les juges d’Huy et Pons ont versé au dossier de leur instruction une lettre fort instructive adressée à Dominique de Villepin, et signée « C ». « C » comme Chirac.

Dans cette misssive, datée de l’automne 2001, l’ancien Président rend compte à son fidèle Villepin d’une conversation orageuse qu’il a eu avec le Premier Ministre d’alors, Lionel Jospin. Chirac vient de découvrir que la Dgse détenait une documentation précise sur les petites économies qu’il possédait dans une banque japonaise. Ces enquètes discrètes avaient été menées entre 1996 et 2001 par un magistrat socialiste, Gilbert Flam, détaché à la Dgse. Durant l’été 2001, la panique avait saisi à l’Elysée, le général Rondot, fidèle de Chirac et Villepin, avait été chargé d’y voir clair et Jospin s’était fait engueuler, comme « C » l’explique à Villepin dans la lettre saisie par les juges : « Le Premier ministre, avait écrit en substance Chirac, était très tendu, je lui ai dit que les services s’étaient livrés à un scandaleux détournement des moyens de l’Etat ».

Curieux, les juges Zig et Puce, surnoms dont d’Huy et Pons sont affublés depuis qu’ils enquêtent sur ce dossier de listings trafiqués, ont interrogé Dominique de Villepin, lors de sa dernière convocation fin janvier, sur « l’affaire japonaise ». Après tout, deux anciens cadres de la Dgse, Gilbert Flam et son supérieur de l’époque, Alain Chouet, figurent sur le faux listing Clearstream. Normal que les deux magistrats manifestent auprès de Villepin un peu de curiosité sur les raisons qui auraient poussé les falsificateurs à inscrire leurs noms. « Il ne s’agit pas d’une affaire japonaise, a répondu Villepin, mais d’une affaire concernant la Dgse ». En notre ancien Premier ministre d’ajouter : « Et c’est une affaire très grave ». A bon entendeur, salut ! « Si Chirac me laisse tomber dans cette sombre affaire, semble dire Villepin, j’ai encore quelques munitions ».

Ce jour là, les deux juges, décidément en verve, lui ont demandé pourquoi une affaire concernant les services secrets figurerait dans un dossier Clearstream. « Pur hasard, a répondu Villepin, c’est en faisant du rangement que j’ai du classer ainsi la lettre de Jaques Chirac ».

Hervé et Philippe, deux amis de longue date

Décidément, ces temps ci, l’affaire japonaise revient à la surface. Toujours à la fin janvier, Jacques Chirac s’est réjoui, devant ses proches, de l’article qui devait paraitre dans Le Point sur la non affaire japonaise. En effet, dans la dernière livraison de l’hebdomadaire de Franz-Olivier Giesbert, on a pu lire un papier d’Hervé Gattegno expliquant benoitement que le compte japonais de Chirac était une pure légende. Grand investigateur devant l’éternel, Gattegno avait au moins deux bonnes raisons de rendre service à l’ancien Président. Tout d’abord, le journaliste a toujours eu les meilleures relations avec Philippe Massoni, l’ancien préfet de police qui était, auprès de Chirac à l’Elysée, l’homme des dossiers sensibles (dont le dossier japonais justement). « Allo Hervé, c’est Philippe ». Ainsi l’ancien Préfet appelait-il souvent son ami Hervé. Dans les carnets du général Rondot, on voit à plusieurs reprises Massoni intervenir, dans cette affaire japonaise, pour protéger Chirac. Et on le voit notamment à la manoeuvre,en juin-juillet 2001, inspirer un article de Gattegno, alors journaliste au Monde. Rondot aura encore rêvé… ?

Deuxième raison que Gattegno a aujourd’hui de défendre Chirac, ce journaliste a toujours eu des relations très proches avec Jean Veil, l’avocat de l’ancien chef de l’Etat. Leurs bonnes relations datent de l’époque où Veil défendait le groupe Elf, alors partie civile, face à la justice et où Gattegno suivait le dossier pour Le Monde. Maitre Jean Veil, qui a fermement suggéré à tout journaliste qu’il ferait un procès s’il évoquait l’affaire du compte de Chirac, a publié un étrange communiqué le premier février, confirmant les informations parues… dans le Point. L’ancien Président, apprenait-on, a fait procéder à des vérifications pour établir qu’il n’avait pas de compte au Japon. Mais cette vérification « ne peut pas garantir évidemment » que l’ancien président n’aurait pas bénéficié d’un compte, via une série de sociétés écran, rapporte Le Monde.

Disons que la défense de Chirac par Jean Veil emprunte des chemins de traverse !