Bouquetin à Champagny le Haut en SAVOIE LIBRE

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mardi 27 mai 2008

RACHIDA DATI, ses RELATIONS avec NICOLAS SARKOSY, ses AMBITIONS pour PARIS et son ACTION à la JUSTICE.

L'ECHO des MONTAGNES, dans le légitime but de vous informer, fait le point d'une année de MME RACHIDA DATI, Garde des SCEAUX et Ministre de la Justice:

A sa nomination au ministère de la Justice, Rachida Dati faisait figure de symbole de la diversité. Au bout d'un an de parcours, elle s'explique sur ses relations avec Nicolas Sarkozy, ses ambitions à Paris, son action à la Justice...

Un an après l'élection de Nicolas Sarkozy, les sondages ne sont pas favorables au président ni au gouvernement. Etes-vous inquiète ?

Rachida Dati. On ne fait pas de la politique pour conforter une cote de popularité.

Dans les sondages, ce qui m'intéresse, ce ne sont pas les études d'opinion sur les personnalités, mais le jugement que portent les Français sur les réformes. La réforme des régimes spéciaux de retraite, le service d'accueil dans les écoles, la création des peines planchers emportent une large adhésion de l'opinion. Tous les sondages montrent qu'il y a une forte impatience des Français : ils attendent des résultats. En moins d'un an, la délinquance de voie publique a diminué de 7 %. Plus de 8 200 condamnations ont été prononcées à l'encontre de multirécidivistes ; 60 % des entreprises ont permis à leurs salariés de bénéficier d'heures supplémentaires et d'améliorer ainsi leur pouvoir d'achat. Le président a engagé les réformes attendues par les Français. Dans quatre ans, les Français jugeront.

Sarkozy vient de constituer un noyau dur de ministres fidèles, une sorte de « task force » dont vous ne faites pas partie...


Il est normal qu'un président de la République réunisse les ministres en fonction des réformes qu'il engage. Ainsi, sur la révision constitutionnelle, il réunit régulièrement le Premier ministre, Roger Karoutchi et moi-même. Il le fait sur d'autres sujets majeurs auxquels je suis associée, tels que la lutte contre la récidive avec Michèle Alliot-Marie, la santé en prison avec Roselyne Bachelot, l'égalité des chances avec Fadela Amara, l'espace judiciaire européen avec Jean-Pierre Jouyet...

Vous n'avez pas perdu sa confiance ?


Tous les membres du gouvernement, par définition, ont la confiance du président de la République. Nous avons tous une obligation de résultats et nous serons jugés sur cela. En ce qui me concerne, j'ai engagé des réformes importantes pour moderniser la justice et la rendre plus efficace : instauration des peines planchers pour les récidivistes, création de la rétention de sûreté pour les délinquants les plus dangereux, nouvelle organisation judiciaire, réforme de la formation des magistrats, amélioration de notre système pénitentiaire...

« A Paris, il n'y a pas de concurrence entre Christine Lagarde et moi »

Quelles sont vos ambitions pour Paris ?


Je suis maire du VII e arrondissement et conseiller de Paris. Il est donc normal que je prenne toute ma part dans le nouveau projet parisien de la majorité présidentielle.

Vous êtes en concurrence avec Christine Lagarde pour la présidence de la fédération UMP de la capitale...


Il n'y a pas de concurrence entre Christine Lagarde et moi.

L'Assemblée devrait voter cette semaine la révision de la Constitution. Quel est l'apport majeur de cette réforme ?


Depuis des années, on nous dit : « Le président a trop de pouvoirs, le Parlement ne joue pas un rôle assez important, il faut faire progresser la démocratie dans notre pays. » Notre projet encadre les pouvoirs du président, renforce ceux du Parlement et donne de nouveaux droits aux citoyens. Voilà les objectifs de cette révision. Au moment de voter, chaque député prendra ses responsabilités. L'enjeu est historique. Je crois sincèrement que chacun peut mettre de côté ses positions partisanes pour faire une oeuvre commune.

Au 1 e r mai, il y avait 63 645 détenus en France pour à peine plus de 50 000 places. Comment régler le problème de la surpopulation carcérale ?


Il y a deux moyens de lutter contre la surpopulation carcérale : construire des prisons et développer l'aménagement des peines. Un programme de construction sans précédent est en cours. Nous aurons 13 200 places de plus en 2012. Et 2 850 places nouvelles dès cette année. Mais incarcérer n'est pas tout. Il faut favoriser l'aménagement des peines pour mieux préparer la réinsertion et prévenir la récidive. Quant aux libérations conditionnelles, elles ont augmenté de 10 % en un an et sont contrôlées plus strictement. Elles s'accompagnent d'un projet de réinsertion. Je signerai demain avec Laurence Parisot à la maison d'arrêt de Villepinte (Seine-Saint-Denis) une convention-cadre entre le ministère de la Justice et le Medef visant à mieux réinsérer les détenus par la formation professionnelle et le travail.

Où en sont les travaux de la commission chargée de réformer l'ordonnance de 1945 sur la justice des mineurs
?

Les propositions me seront remises en novembre. Ce texte a été modifié trente et une fois depuis 1945. Il faut le réécrire entièrement. L'ordonnance de 1945 pose trois principes : la primauté de l'éducatif, l'existence d'une juridiction spécialisée et l'atténuation de la responsabilité pour les mineurs. Ces trois principes seront préservés. Il s'agit d'adapter les textes juridiques aux mineurs de 2008, aux évolutions de la délinquance, et de définir les moyens d'une prise en charge plus efficace. Dès mon arrivée, j'ai posé un principe clair à tous les parquets de France : « Une infraction, une sanction ». En un an, le taux de réponse pénale est passé de 87 à 92 %. C'est comme cela qu'on obtient des résultats : 80 % des mineurs sanctionnés ne récidivent pas.

(LP/OLIVIER CORSAN.)
PARIS (I e r ), JEUDI. « Dans les sondages, ce qui m'intéresse, ce ne sont pas les études d'opinion sur les personnalités, mais le jugement que portent les Français sur les réformes », insiste la garde des Sceaux, Rachida Dati.