Bouquetin à Champagny le Haut en SAVOIE LIBRE

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jeudi 14 mai 2009

BENOIT XVI,PIE XII, LES JUIFS, LES SIONISTES, VERITE, HITLER,


L'ECHO des MONTAGNES, dans le légitime but de vous informer, vous ouvre les dossiers secrets du Vatican, pour rétablir l'honneur du pape PIE XII, qui a toujours lutté contre le nazisme.


PIE XII n'était pas le pape d'HILER!


Quand un rabbin réhabilite Pie XII, prétendu « pape d'Hitler ».

« Pape d'Hitler » proclamait (et titrait) John Cornwell. « Juste parmi les Nations » répond le rabbin David Dalin. L'ignorance encourage la tiédeur : David Dalin y remédie. Et si son espoir que l'on reconnaisse à Pie XII le titre de « Juste parmi les Nations » -pour le cinquantenaire de sa mort- sera vraisemblablement déçu, on peut espérer au moins un frémissement de réhabilitation.

David Dalin engage le débat sans attendre, en questionnant les intentions des contempteurs de Pie XII. Il relève que les auteurs des ouvrages les plus virulents contre Pie XII se trouvent être souvent aussi les auteurs d'ouvrages anti-catholiques et/ou farouchement opposés aux positions de l'Eglise sur nombre de sujets de société, de sorte que leurs charges contre Pie XII ne paraissent pas « exclusivement » motivées par le souci scrupuleux de l'historien pour la vérité, mais « également » par la volonté de mettre à mal l'autorité morale dont pourrait bénéficier l'Eglise.

Pour David Dalin, il y a là une véritable instrumentalisation de la Shoah, et « quels que soient leur sentiment vis-à-vis du catholicisme, les juifs ont le devoir de rejeter toute polémique qui s'approprie la Shoah pour l'utiliser dans une guerre des progressistes contre l'Eglise catholique. »

Et David Dalin multiplie les références aux auteurs juifs qui rejettent cette instrumentalisation : Cecil Roth, Pinchas Lapide, Livia Rothkirchen, Joseph L. Lichten, Jeno Levai, Michael Tagliacozzo, Richard Breitman ou encore Sir Martin Gilbert…

Répliquant au « Pape d'Hitler », l'un des premiers chapitres évoque un Pape « ami des Juifs ». Pour ce faire, Dalin tord le cou aux mauvais procédés de Cornwell, comme la traduction trompeuse de la « Lettre de Munich » de 1919, dans laquelle le futur Pie XII rend compte d'une entrevue entre un évêque et le gouvernement révolutionnaire local. Traduttore tradittore : cela est particulièrement vrai de Cornwell qui utilise l'expression « le reste » (pour désigner les juifs présents) au lieu de « les premiers », « bande » au lieu de « groupe » et, encore, « populace » au lieu de « groupe »… Même la couverture de son ouvrage est pour le moins trompeuse. On croit y voir le Pape sortant d'une visite à Hitler… alors qu'il n'a jamais rencontré Adolf Hitler, et que la photo est tirée d'une visite du nonce apostolique Pacelli à Hindenburg, en 1927 !

Eugenio Pacelli fut, au contraire, le premier pape qui, dans sa jeunesse, ait participé à un repas de sabbat chez des juifs, et le rédacteur, pour Pie XI, de la célèbre encyclique Mit Brennender Sorge, condamnant en 1937 le nazisme :
« Quiconque exalte la race, ou le peuple, ou l'Etat, ou une forme particulière d'Etat, ou les dépositaires du pouvoir (…) perturbe et pervertit un ordre du monde prévu et créé par Dieu ; il est loin de la vraie foi en Dieu et de la conception de la vie que la foi célèbre. »

Secrétaire d'Etat, le Cardinal Pacelli envoya, le 4 avril 1933, une lettre au nonce à Berlin lui demandant d'avertir le régime hitlérien de ne pas persécuter les juifs, ce qui constitue la toute première initiative du Saint-Siège vis-à-vis du régime nazi !

A lui seul, un document article écrit le 13 mars 1940 par le correspondant au Vatican du New York Times, cité par Dalin mérite une attention toute particulière car il met à mal la thèse d'un antisémitisme de Pie XII, celle de son silence, de son inaction et d'une ignorance du monde à l'égard de ces actions.


Au cours d'une entrevue entre Von Ribbentrop et Pie XII, le premier fustigea l'attitude du Saint-Siège, qui se mettait du côté des Alliés. Pie XII réplique en lisant une liste d'atrocités commises par les allemands. Et le New York Times rapporte ceci :

« It was also learned today for the first time that the Pontiff, in the burning words he spoke to Herr Von Ribbentropp, about religious persecution, also came to the defense of the Jews in Germany and Poland » (« Nous avons aussi appris aujourd'hui pour la première fois que parmi les propos acerbes qu'il a tenu à Herr Von Ribbentropp à propos de la persécution religieuse, il a aussi été question de la défense des juifs en Allemagne et en Pologne »)

C'est le tout début du conflit et le monde ne peut ignorer la position de Pie XII s'il se rapporte à titre, en lettres capitales : « LES DROITS DES JUIFS DEFENDUS » !

Un autre document, moins connu que ses messages de Noël 1941 et 1942, doit être relevé. La toute première encyclique de Pie XII condamnait en effet le racisme et, rappelant Saint Paul - « il n'y a plus ni grec ou juif, ni circoncis ou incirconcis ; ni barbare ou Scythe, ni esclave ou homme libre : mais le Christ est tout et il est en tous » - il proclame l'unité du genre humain. Le New York Times ne s'est pas trompé d'interprétation, en titrant : « Le pape condamne les dictateurs, le racisme et ceux qui violent les traités »… et un avion allié en largua 88 000 exemplaires au-dessus de l'Allemagne.

Dalin évoque encore le grief fait au Saint-Siège d'avoir conclu un concordat avec l'Allemagne. Il souligne que sa négociation fut engagée à l'initiative du régime allemand, sous une pression policière permanente : 92 prêtres arrêtés, 16 associations perquisitionnées, 9 publications fermées, le tout en seulement 3 semaines. Et l'Histoire souligne encore qu'un concordat n'est pas une alliance : le concordat signé par Pie VII avec Napoléon, ne l'empêcha d'en être un critique virulent… au point que Napoléon l'enleva et le séquestra.

Il dresse un tableau documenté des interventions directes de Pie XII contre les persécutions. Car, s'il ne s'est pas lancé dans des actions publiques irréfléchies à l'encontre de Hitler, Pie XII s'est exprimé énergiquement là où il pensait que sa parole pouvait être efficace : en Italie, évidemment, en Hongrie, Roumanie et Slovaquie. Deux lettres d'octobre et novembre 1940, attestent ainsi de la délivrance d'instructions directes de la main même de Pie XII.

Selon Pinchas Lapide, historien et théologien juif, le rôle de Pie XII « a été déterminant pour sauver au minimum 700 000, si ce n'est 860 000 juifs, d'une mort certaine aux mains des nazis ». Pour Sir William Gilbert, historien juif de renom, « Des centaines de milliers de juifs [ont été] sauvés par l'Eglise catholique, sous la conduite et avec le soutien du pape Pie XII. »

A Rome, d'après Michael Tagliacozzo, 477 juifs furent recueillis au Vatican même, « 4238 autres trouvèrent refuge dans les nombreux monastères et couvents de Rome » et 3.000 autres furent cachés dans la résidence d'été du Pape, à Castel Gandolfo.

Sur la protection des juifs de Roumanie, Mgr Roncalli, délégué apostolique du Saint-Siège à Istanbul et futur Jean XXIII, eu des contacts directs avec le Grand Rabbin de Palestine, Isaac Herzog, qui lui adressa une lettre, le 28 février 1944, pour lui exprimer sa gratitude pour « les mesures énergiques que vous avez prises et prendrez encore afin de sauver notre malheureux peuple. En cela, vous suivez la tradition, si profondément humaine, du Saint-Siège, et l'inclination des nobles sentiments de votre propre cœur »

En Slovaquie, Léon Poliakov établit que « c'est à la pression exercée par le Vatican sur Mgr Tiso, chef de l'Etat fantoche slovaque, que l'on doit attribuer l'arrêt des déportations de juifs en Slovaquie, l'été 1942, et, par conséquence, la survie de près de 25% des juifs slovaques ». D'après Poliakov, « il n'y a aucun doute que des instructions secrètes ont émané du Vatican pour conseiller vivement aux églises nationales d'intervenir en faveur des Juifs par tous les moyens possibles. »

On peut, pour conclure, rappeler que si l'Eglise souhaite exercer un magistère moral spécifique, il est légitime que l'on fasse preuve à son endroit d'une exigence particulière, aussi « humaine, trop humaine » soit-elle. Pour autant, au vu des éléments collectés par Dalin, on reste interdit face aux procès faits au Pape, et à l'Eglise. Car quelle est l'institution, quel est le pays, la diplomatie qui peut faire état d'autant de protestations contre les persécutions des juifs ? Lesquels ont ainsi caché des juifs, ou contribué activement à leur protection ?

Il est ainsi évident que le débat autour de l'attitude de Pie XII n'est que partiellement un débat historique. C'est un débat politique, social et religieux, instrumentalisant Pie XII. Grâce à l'ouverture des archives du Vatican, les années à venir devraient voir d'autres revirements comme celui de John Cornwell qui, à l'occasion de la sortie d'un nouveau livre, a déclaré : « Je dirais maintenant (…) que Pie XII avait une si faible capacité d'action qu'il est impossible de juger les motivations de son silence durant la guerre, alors que Rome était sous la botte de Mussolini et plus tard occupé par les allemands ».

Ce qui est impossible à Cornwell ne doit toutefois pas rebuter les lecteurs soucieux de vérité, à la lumière de ce que rapporte notamment David Dalin. Quant à ses partisans, ils se rassureront en constatant que Cornwell reste en forme… Après Pie XII, son dernier livre est cette fois une attaque en règle contre Jean-Paul II.