Bouquetin à Champagny le Haut en SAVOIE LIBRE

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vendredi 23 juillet 2010

Affichage de 1 - 15 sur 35 vidéos par Jeanne.
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Le film de l'attaque de la Flottille qui a échappé à la cen...

12:07 Ajoutée il y a 6 heures
Cette interview est une traduction de celle que IARA LEE a accordée à l'émission de radio américaine « Democracy Now ! » JUAN GONZALEZ: Plus d'une semaine après lagression mortelle d'Israël sur la flottille de l'aide humanitaire à Gaza, qui fit neuf morts Turcs, des questions demeurent quant à ce qui s'est exactement passé sur le Marmara Mavi et sur les autres bateaux ce fameux lundi matin fatidique.

Le président Obama a évoqué l'incident lors d'une conférence de presse conjointe avec le Président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, mercredi dernier. Il a exprimé son soutien à une enquête, je cite, « conforme aux normes internationales» et a déclaré qu'il était, je cite, « dans l'intérêt d'Israël de faire en sorte que tout le monde sache exactement comment cela est arrivé afin que nous ne voyons pas ce genre d'événement se reproduire ». M. Obama a également décrit la situation à Gaza comme «non viable».

Barack Obama: « Nous avons vu la tragédie de la flottille, et je pense que quelque chose a attiré lattention du monde entier sur les problèmes en cours à Gaza. Dans le cadre du Conseil de sécurité des Nations Unies, nous avons été très clairs, en condamnant les actes qui ont conduit à cette crise et nous avons appelé à une enquête complète. Et il est important que nous connaissions tous les faits à ce sujet. Mais ce que nous savons aussi, cest que la situation à Gaza nest pas viable. »

AMY GOODMAN: Bien, Israël a refusé daccepter une enquête internationale, et a également étroitement contrôlé les images de son raid naval sur la flottille, en saisissant la quasi-totalité de léquipement photographique et vidéo des passagers à bord du navire, Ils ont également bloqué toutes les communications alors quils menaient leur raid sur les navires.

Mais une poignée de gens ont réussi à sortir clandestinement certaines de leurs vidéos, et des photographies. Hier, nous vous avons rapporté que la journaliste australienne du Sydney Morning Herald Kate Geraghty avait réussi à sortir certaines de ses photos. Nous les avons montré, et vous pouvez vous rendre sur notre site en ligne democracynow.org pour les voir.

Aujourdhui, sur Democracy Now! en exclusivité mondiale, nous vous apportons un aperçu des premières images jusqualors invisibles du Marmara Mavi qui seront officiellement publiées lors dune conférence aujourdhui à lOrganisation des Nations Unies. La séquence montre lambiance et les activités à bord du Marmara Mavi dans la période qui a précédé lattaque, et la réaction immédiate des passagers lors de lattaque, ainsi que dun certain nombre de passagers blessés, et dautres qui ont été abattus .

Afin den savoir plus, nous avons été rejoints ici à New York par la cinéaste et activiste Iara Lee. Elle dirige le réseau « Culture Of Resistance », et fut lune des rares Américaines sur le Marmara Mavi. Son matériel a été confisqué lors de lassaut, mais elle a réussi à sortir clandestinement léquivalent dune heure de tournage.
Iara Lee, Bienvenue dans lémission Democracy Now! Décrivez-nous ce jour-là...
IARA LEE: Nous étions prêts pour une confrontation, mais nous navons jamais pensé que cela allait être aussi violent, une violence disproportionnée. Ainsi, les femmes se préparaient à crier (ndlr : pour protester), et les hommes à être bousculés. Mais quand nous avons vu ces commandos descendant de lhélicoptère et lensemble de ces Zodiacs plein de soldats de la marine venir tout près, à vrai dire, nous navions plus de mots.
Cela a commencé à vingt-trois heures. Nous avons remarqué les deux navires de la marine Israélienne.
JUAN GONZALEZ: A vingt-trois heures cest ça ?

IARA LEE: Ouais, il était vingt-trois heures, et nous étions au milieu des eaux internationales. Et puis, autour de quatre heures du matin, lassaut a commencé. Et apparemment, leur marque de fabrique, cest le silence, alors, tout à coup, ils sont venus,

AMY GOODMAN: Pendant que vous parlez, nous allons envoyer quelques etraits de la vidéo. Et pour nos auditeurs à la radio, vous pouvez aller sur notre site Web democracynow.org. Continuez, Iara.

IARA LEE: Alors, les Zodiac nous ont entouré, et les hélicoptères ont fait descendre leurs commandos descendre. Cétait le chaos, un chaos total. On demanda aux femmes de descendre plus bas, et de rester calmes et tranquilles. Vous le savez, jétais très préoccupée par mon caméraman, et mes amis, alors je suis montée. Et au moment où je suis juste montée pour voir ce qui se passait, jai déjà vu beaucoup de corps blessés et de morts. Cétait terrifiant. Dans la salle de presse, les journalistes ont essayé de se cacher. Mais à la fin de lopération, nous nous sommes fait confisqué tout notre matériel. Pendant le raid, tous les gens avaient des caméras et des appareils photo, mais malheureusement tout a disparu.

JUAN GONZALEZ : Vous dites que vous êtes montée, ce qui signifie que vous étiez dans un pont inférieur quand lattaque sest déroulée, et votre caméraman était sur le pont supérieur?

IARA LEE : Oui. Tout le monde bougeait,, et tout le monde avait des appareils photo, et leurs caméras vidéo. Cest juste que personne na été en mesure de ramener ces images ou ces photos

AMY GOODMAN: Lorsque vous montrer la vidéo des hélicoptères au-dessus, que nous regardons pendant que nous parlons, on peut entendre ci-dessous le bruit dune explosion. Que se passait-il ?

IARA LEE : Je ne peux pas vous donner toutes les informations techniques sur ce quest le bruit dune balle en caoutchouc, ou ce qui est, vous le savez, celui des munitions réelles. Mais évidemment, ils sont venus avec des munitions réelles. Et dailleurs, quelques minutes après lassaut, nous avons entendu le mégaphone dans nos chambres, dans chaque chambre sur le navire, qui disait : « Restez calmes et tranquilles. Ils utilisent des balles réelles. Il nest pas possible pour nous de résister. Ils ont pris les commandes du navire. Rester calme et surtout, ne résistez pas » . Vous savez, pour les autres bateaux, ils ont utilisé des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes, et ils nont pas tué les gens. Mais dans notre bateau, ils sont venus pour tuer.

JUAN GONZALEZ : A propos de ces explosions, plusieurs personnes nous ont dit, que les explosions se sont produites, et même des coups de feu, avant que tout soldat ait atterri sur le bateau. Est-ce que ce sont des souvenirs confus,ou en êtes-vous sûre ?

IARA LEE: Nous navions pas darmes. Et, vous le savez, les hommes prenaient tout ce quils pouvaient se procurer, comme des manches à balai, etc. Et cétait justement tout à fait disproportionné. Et les premiers blessés et les morts sont arrivés très rapidement. Vous savez, vous pouvez voir ici la vidéo. Ils ont réussi à semparer de quelques soldats israéliens, mais évidemment, nous étions tellement endoctrinés à la non-violence comme méthodologie que nous navons pas tué lun des soldats Israéliens. En fait, quand ils se sont blessés et commotionnés, ils ont réellement été bien traités par nos passagers. Et le porte-voix ne cessait de répéter: «Nous sommes des civils. Ne nutilisez pas la violence. Et nous avons des blessés. Nous avons besoin daide médicale,« parce que nous nétions pas préparés à prendre médicalement en charge ce genre de personnes blessés mortellement. Mais nous avons été ignorés, et beaucoup de personnes qui ont été blessées ont effectivement fini par saigner ont fini par mourir.

AMY GOODMAN : Décrivez-nous cela, parce que cest ce quil y a dans le film, et que le récit a été aménagé au cours des jours même si larmée israélienne a tout cela en sa possession. Ces images que vous avez montre quon les tirait lun après lautre dehors, et que lon tentait de les soigner. Décrivez-nous les blessures que vous avez vu.

IARA LEE: Comme je lai dit, je nai fait que monter et descendre, en essayant simplement davoir un aperçu et en vous massurant quune partie des gens que je connaissais étaient OK. Mais, vous savez, cétait très chaotique. Je sais juste que, quand ils nous appellent « un bateau de haine », cest fou, car il est évident que nous étions là pour apporter une aide humanitaire à Gaza, et que ce sont eux en utilisant des balles réelles qui étaient remplis de haine. Au point que lautopsie, montre que certaines personnes décédées, avaient reçu près de trente balles. Alors, peut-on dire que la marine israélienne et les commandos sont juste venus jouer à la balle avec nous ? Non, ils sont venus pour tuer. Ils voulaient semparer du navire. Et nous étions en réalité en fuite, car nous ne voulions pas de ce genre de confrontation lourde. Mais ils sont venus au milieu des eaux internationales pour nous maîtriser.

AMY GOODMAN: Nous montrons quelques séquences maintenant, que je veux décrire pour nos auditeurs de la radio, dun homme blessé. Il est à terre. Il a été blessé à la poitrine, et ils essaient de le soigner sur le sol du navire. Écoutons cela Quest-ce que cétait?

(Dans le reportage) Une Femme non identifiée: « Tous les passagers sont assis !«

AMY GOODMAN: Et maintenant, nous voyons une femme qui parle.

La Femme non identifiée: « Nous ne sommes pas [inaudible]. Nous sommes des civils prenant soin de blessés ! Nusez pas de la violence ! Nous avons besoin daide pour ces gens ! Nutilisez pas la violence contre des civils !«

AMY GOODMAN : La femme dit: «Nutilisez pas la violence contre des civils. Les gens sont assis. Nous avons beaucoup de blessés. Sil vous plaît nattaquez pas » Et cest la séquence vidéo.

IARA LEE: Oui, je pense que lerreur de calcul a été que les Israéliens ont pensé, que grâce à leur système de brouillage par satellite, le monde naurait pas accès à linformation. Mais ils ne savaient pas que nous avions un système de sauvegarde qui a été en mesure de retransmettre en direct certains événements. Et, évidemment, il faisait noir dans le milieu de locéan,. Alors ils pensaient avoir pris toutes les précautions pour quaucune information ne sorte. Ils voulaient être les seuls à détenir linformation. Mais nous étions des centaines de personnes à filmer et à prendre des photos, même certains dentre nous nont pas réussi à ramener, comme vous le savez, des photographies et des séquences vidéo. Aujourdhui, nous montrons les premières, des images non censurées, et tout le monde peut prendre la mesure de ce qui sest réellement passé. Et nous allons les rendre disponibles au monde entier, pour les enquêtes.

JUAN GONZALEZ : Une chose intéressante, dans la vidéo que vous montrez ici, de toute évidence, à lextérieur, il fait très sombre, et sans une lumière, il est difficile de comprendre ce qui se passe. Mais dans les images que les Israéliens ont posté sur YouTube, il semblait quil faisait jour. Pourriez-vous nous dire comment ils ont réussi à faire cela ? Parce quil semblait que laction se déroulait dans le milieu de la journée, et non pas, comme il a été dit, à quatre heure du matin.

IARA LEE: Ouais, cest la technologie. Mais Je pense que lorsque les gens vont commencer à utiliser nos images pour des enquêtes, ils seront toujours en mesure déclairer et danalyser, image par image Mais il était bien quatre heure du matin, et il faisait nuit.

AMY GOODMAN : Dans une interview dans le New York Times, le Dr Hasan Huseyin Uysal, un médecin turc, dit quil a soigné des commandos Israéliens qui ont été capturés et détenus brièvement durant les phases initiales du raid sur le navire contestant le blocus. Et puis les soldats ont été rendus aux commandos israéliens.

IARA LEE : Ce qui prouve essentiellement que nous nétions pas là pour lyncher quelquun, parce que nous avions la possibilité de tuer ou de maltraiter vraiment ces soldats, et que nous ne lavons pas fait, vous le savez, parce que nous sommes humanitaire. Malgré le chaos, nous savions que nous étions censés rester non-violents.

JUAN GONZALEZ: Une des choses étonnantes pour moi, cest, étant donné le nombre de personnes qui se trouvaient sur le bateau, labsence de toute tentative des médias américains, de «reconstruire» ce qui sest passé, y compris dans cette interview du New York Times. Personne ne donne vraiment de détail sur la façon dont ces gens ont été fusillés. Où étaient-ils au moment où ils ont été fusillés ? Quelles ont été leurs blessures ? Quest-ce qui se passait autour deux? Il ny a vraiment aucune tentative de reconstituer un incident où il y avait des centaines de témoins afin de savoir ce qui sest réellement passé.

IARA LEE: Cest pourquoi nous exigeons que nos images nous reviennent, car ils ont confisqué tous nos disques durs et nos appareils photos. Nous pourrions reconstituer les événements, si lon nous rendait nos images, au lieu dutiliser un mode de manipulation. Ils ont extrait des des choses pour leurs version et les ont mise sur YouTube par leur canal. Cest comme une violation totale du respect envers les médias.

AMY GOODMAN : Hier, nous avons interviewé deux journalistes du Sydney Morning Herald, reporters et photographes : Paul McGeough et Kate Geraghty, et elle a réussi à récupérer quelques-uns de ses disques sur. Ils disent en avoir retrouvé dautres. Mais les Israéliens ont gardé tout le reste de leur matériel, soit 60 à 80.000 dollars déquipement et de disques durs. Ils leur ont déclaré à plusieurs reprises que cela leur serait rendu, mais une fois en Turquie, il ny avait rien. Les gens peuvent aller en ligne et voir ses photos sur notre site.

Il est intéressant, également, de savoir quun groupe de hauts officiers de réserve de la marine israélienne, dimanche, dans je crois
JUAN GONZALEZ: Dans Haaretz.

AMY GOODMAN: Dans Haaretz, a «publiquement demandé à Israël de permettre une enquête externe à propos de son raid de commando sur la flottille daide humanitaire pour Gaza. » Ils ont écrit une lettre à Netanyahu et au chef des Forces de défense israéliennes. Les officiers de la Marine ont dénoncé le raid de commando comme ayant eut « une fin en tragique à la fois tant pour larmée quau niveau diplomatique. «

Ils ont dit, « Nous sommes en désaccord avec les allégations répandues selon lesquelles ce nétait que le résultat dune erreur du renseignement. En outre, nous nacceptons pas les allégations selon lesquelles il sagirait dun « échec des relations publiques » et nous pensons que le plan était voué à léchec dès le début ». «Dabord et avant tout, nous protestons contre le fait que la responsabilité de ces évènements tragiques a été immédiatement mise sur les organisateurs de la flottille. » Ces officiers de la Marine Israélienne exigent une enquête indépendante.

IARA LEE: Ouais, jai lu cet article, et je pense que la communauté internationale doit continuer à mettre la pression pour une enquête indépendante, impartiale. Et nous devons tout faire pour que nos films nous reviennent afin de reconstruire ce qui sest passé. Cest pourquoi le film que je présente est non censurée, il est brut. Ainsi, les gens pourrons les apporter aux juristes internationaux, qui ont besoin dappliquer le droit international et denquêter sur ces crimes.

JUAN GONZALEZ : Je veux lire ici un extrait du Guardian de vendredi en Angleterre, je pense que cest lun des rares qui tente effectivement dexpliquer ce qui sest passé. Et ils confirme que les autorités turques, dans le rapport médico-légal disent que sur les neuf personnes qui sont identifiées à ce jour comme mortes, certaines dentre-elles ont reçu près de 30 impacts de balles. Cinq ont été tués par balles dans la tête. Et ils disent également quele jeune homme agé de 19 ans Furkan Dogan, qui a également la nationalité américaine, a été abattu de cinq balles tirées à moins de 45 cm dans la tête, ainsi que deux balles dans la jambe et une dans le dos. « A moins de quarante-cinq centimètres », cest à dire à bout portant, cinq balles. (1)

IARA LEE : Notre responsable principal dInternet, dans notre salle de presse a également reçu une balle dans la tête. Vous savez, ce nétait pas comme si cétait non-prémédité.
AMY GOODMAN : A-t-il été tué ?
IARA LEE : Non, non. Les seules personnes tuées étaient des turcs, mis à part ce citoyen US (qui avait également la nationalité turque, ndlr).
AMY GOODMAN: Et comment lui ont-ils tiré une balle dans la tête?
IARA LEE : Je nai pas les détails, mais jai entendu dire, par le service des médias, quil avait été touché.
JUAN GONZALEZ : Le Guardian rapporte également que quarante-huit autres personnes ont subi des blessures par balle et que six militants sont toujours portés disparues.
IARA LEE : Oui.

JUAN GONZALEZ : Avez-vous identifié qui sont les personnes disparues ?

IARA LEE: De toute évidence, nous ne pouvons pas tirer de conclusions hâtives, mais ils ne sont pas blessés, ils nont pas été tués. Ils ont disparu. Je ne sais pas. Cest un des points qui doit être étudié. Je veux dire, certains vont même jusquà supposer que nous avions des espions, à bord alors peut-être certaines de ces personnes disparues étaient, vous savez des agents du Mossad. Nous ne savons pas. Nous avons besoin détudier. Ont-ils été jetés hors du bateau ?
AMY GOODMAN : Quest-ce qui vous est arrivé après?

IARA LEE: Tout le mondea été menotté et emmené, essentiellement enlevés dans les eaux internationales jusquen Israël. Puis, quand nous sommes arrivés là-bas, ils disaient, «Signez ici, que vous allez être expulsés parce que vous êtes entré illégalement en Israël ». Et nous étions comme, choqués. Nous ne voulions pas aller en Israël. Nous avons été kidnappés dans les eaux internationales et ramenés en Israël. Et nous étions complètement « au secret ».
AMY GOODMAN : Avez-vous accepté de signer ?

IARA LEE : Non, au début, nous navons pas signé. Nous navons pas répondu aux questions. Je veux dire, la plupart des gens. Pour ma part, je leur ait dit « Écoutez, jai besoin de mon ambassade. Jai besoin dun avocat. Je ne vais pas à me soumettre à ce genre dinterrogatoire. » Mais nous étions au secret, vous savez ? Et je pense que les ambassades ont exercé beaucoup de pressions. Et puis, deux ou trois jours plus tard, je ne me souviens même, pas parce que tout était tellement chaotique des ambassades ont pu commencer à parler de nous, et nous avons été en mesure de faire un appel téléphonique à notre familles, mais pas tout le monde. Nous avons put joindre nos familles pour dire que nous étions vivants.
AMY GOODMAN : Combien de temps pouviez-vous parler?
IARA LEE : Hmm?
AMY GOODMAN : Combien de temps pouviez-vous parler au téléphone ?

IARA LEE: Oh, non, cétait quelque chose comme une minute. Et moi, jai dû appeler mon bureau, parce que les gens travaillaient. Et la jeune fille, la fille de sécurité, elle a raccroché en disant: «Je vous ai dit que vous ne pouviez téléphoner que chez vous. ». Jai dit: «Mais ma sur est au bureau. Je ne peux pas lappeler à la maison. Elle travaille. » Elle ne ma alors permis de dire juste deux mots supplémentaires. Jai dis «Êtes-vous au bureau ? » . Et puis elle a raccroché.
AMY GOODMAN : Où étiez-vous déportés ?

IARA LEE: Le navire a été amené au port dAshdod, et apparemment ils avaient déjà organisé, quelques semaines ou quelques mois plus tôt, un établissement pénitentiaire pour nous héberger. Cétait une nouvelle installation qui était prête à maintenir des centaines de personnes en détention, des personnes innocentes.
AMY GOODMAN : Donc, vous avez été détenu pendant plusieurs jours. Et puis ensuite, où avez-vous été déportés ?

IARA LEE: A la fin, nous ne savions pas. Nous avons pensé que nous rentrions à domicile. Et quand nous sommes arrivés à laéroport de Tel Aviv, ils nous ont dit que nous allions tous à Istanbul. Et puis jai découvert que le Premier ministre de Turquie avait envoyé des avions turcs pour évacuer tout le monde. Ce fut un autre drame énorme, parce que le Premier ministre turc a déclaré que nous ne pourrions pas partir avant que tout le monde soit de retour, et en particulier le président de IHH, et les memebres dIHH, la principale organisation humanitaire. Alors nous nous sommes assis sur la piste datterrissage de Tel-Aviv pour de nombreuses heures à lagonie complète, parce quil y avait une sorte de déclaration que sils nont pas renvoyé le président dIHH, cela serait considéré comme une déclaration de guerre. Et je pensais, « mon dieu, cela devient de plus en plus surréaliste à chaque minute ». Mais enfin, très tard, je crois que cétait vers le milieu de la nuit, ils expulsèrent le président dIHH. Nous avons alors décollé et nous avons tous atterri autour de quatre heures du matin à Istanbul.
AMY GOODMAN : Bien, Iara Lee, je tiens à vous remercier dêtre avec nous. Quand allez-vous vous rendre à lONU ? Aujourdhui ?

IARA LEE: Cest à 16 heures pour les gens de la presse aux Nations Unies. Pour les autres, en dehors des gens des médias, ils peuvent simplement aller sur notre page Facebook « Culture of resistance » ou sur http://www.culturesofresistance.org/ pour obtenir plus dinformations.

AMY GOODMAN : Merci beaucoup dêtre avec nous, Iara Lee, cinéaste et directrice du réseau « Culture of Resistance » qui rassemble des artistes et activistes du monde entier. Sur le Marmara Mavi, elle a tourné ces images de contrebande que nous avons diffusé aujourdhui. Et il y a en tout une heure quelle publiera plus tard.


Extrait de la vidéo diffusée par IARA LEE aux Nations Unies :








http://www.youtube.com/watch?v=e1xI6OOPp8Y&feature=related