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samedi 16 avril 2011

EAU, SIDA, MORTALITE, SAVOIE, PPE, TRAITE TURIN, ABROGATION, ECHO DES MONTAGNES, FREDERIC BERGER, BRIGADE DE SAVOIE

L’eau, première cause de mortalité dans le monde

Par Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences
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L’Humanité manque d’eau potable, comme le rappelle cette Journée mondiale de l’eau, placée cette année sous le signe de l’approvisionnement des villes, où vivent désormais 3,3 milliards de personnes, soit plus de la moitié des humains.

La Terre est la Planète bleue mais c’est pourtant l’eau qui manque le plus à l’Humanité. Avec 3,6 millions de morts par an, les maladies liées d’une manière ou d’une autre à l’insuffisance voire à l’absence d’eau potable constituent même la première cause de décès dans le monde. Diarrhée, choléra, paludisme, typhoïde, pour citer les maux les plus fréquents dus à l’eau insalubre, touchent d’abord les enfants : parmi ces 3,6 millions de victimes, 3 millions ont moins de 15 ans.

Précisément, 884 millions de personne n’ont tout simplement pas d’eau potable autour d’eux. « Si l’eau non potable est la première cause de mortalité au monde, c’est parce que des millions de gens n’ont que ça à boire » martèle une ONG, Solidarités International, qui lance une campagne d’information à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, ce mardi 22 mars 2011. Une pétition est mise en ligne pour réclamer un libre accès à l’eau potable pour tous et un spot est largement diffusé, et visible sur le site de l’association. Ses images (épurées) expliquent qu’un peu d’encre suffit à révéler cette dure réalité méconnue, invitant les journalistes à la faire couler pour en parler. Dont acte.


Le slogan de Solidarités International pour l’appel à pétition. © Solidarités International

De l’eau pour les nouveaux citadins

Le document diffusé par Solidarités International (en PDF) apporte plusieurs chiffres (venus de l’OMS) et des faits notables, comme celui-ci : « la diarrhée seule tue plus que la tuberculose, plus que le paludisme et cinq fois plus que le VIH/Sida ». Selon ce document, l’aide internationale pour les investissements a atteint 7,4 milliards de dollars en 2008, alors que l’OMS estime qu’il faudrait 18 milliards par an pour parvenir en 2015 à réduire de moitié le pourcentage d’êtres humains n’ayant pas d’accès suffisant à une eau potable. Ce but est l’un des Objectifs du millénaire pour le développement définis par les Nations unies.

On est loin de ce rythme puisqu’en 2006, 1.069 millions de personnes n’avaient pas d’accès à l’eau potable, contre 884 millions aujourd’hui. Quant à l’eau d’assainissement ou destinée à l’hygiène, 2,6 milliards de personnes n’y avaient pas accès en 2006 et ce chiffre est descendu en 2010 à 2,5 milliards. Même en pourcentage, le compte n’y est pas pour atteindre l’objectif en 2015.

L’évolution de ces dernières années est le déplacement du problème vers les villes. Aujourd’hui, 3,3 milliards de Terriens sont des citadins. C’est pourquoi cette Journée mondiale de l’eau 2011 (un événement imaginé au Sommet de Rio de Janeiro en 1992) a pour thème : L'eau pour les villes : répondre au défi urbain. Les grandes mégalopoles qui croissent de façon anarchique ne peuvent que connaître des problèmes croissants d’approvisionnements d’eau et d’évacuation des eaux usagées.

N’oublions pas que les besoins augmentent plus vite que la taille de la population humaine. Comme nous le rappelaient Lionel Goujon et Gwenael Prié, auteurs d’un livre sur la question (Les voyageurs de l’eau) : « En un siècle, la consommation d'eau a été multipliée par environ six alors que la population ne faisait que quadrupler ».