Bouquetin à Champagny le Haut en SAVOIE LIBRE

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samedi 31 mars 2012

PALESTINE, CISJORDANIE, ISRAËL, ALAIN JUPPE, ECHO DES MONTAGNES, BOYCOTT, FREDERIC BERGER

Israël aboie : le gouvernement français se couche

                                                      A  la niche  ALAIN JUPPE


Le ministère des Affaires étrangères vient de "rafraîchir" son site de "conseils aux voyageurs" en mettant en garde contre "des risques d’incidents et de débordements à l’aéroport Ben Gourion à partir de dimanche 15 avril prochain, dans le cadre de l’initiative ’Bienvenue en Palestine’ prise par certaines associations".

"Il est déconseillé de participer à cette opération, eu égard aux risques de rétention dont pourrait faire l’objet certains voyageurs en cas de refus d’expulsion", ose-t-il écrire.
Le gouvernement français a pourtant pris connaissance, par écrit et par oral, des intentions parfaitement transparentes et pacifiques des centaines de ressortissants français qui comptent se rendre à Bethléem du 15 au 21 avril, pour y participer à la construction d’une école.
Ces intentions lui ont été réaffirmées le mardi 27 mars à l’occasion d’une entrevue, à sa demande, au cours de laquelle deux représentants du groupe français de la mission internationale "Bienvenue en Palestine" ont demandé à Alexis Le Cour Grandmaison et à Dominique Waag de bien transmettre à leurs homologues israéliens que nous ne nous rendions pas à l’aéroport de Tel Aviv pour la moindre manifestation ou confrontation, mais parce que nous étions obligés de transiter par cet aéroport pour nous rendre en Cisjordanie, Israël ayant détruit les aéroports permettant d’atterrir directement dans les Territoires palestiniens.
Nous avons précisé que des cars nous attendraient à l’extérieur de l’aéroport de Tel Aviv et que nous nous engagions à aller directement à Bethléem sans séjourner sur le territoire israélien. Nous avons rappelé qu’Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, avait déclaré en juillet son "attachement à la liberté de circuler vers la Cisjordanie". Il l’a d’ailleurs montré à l’automne dernier, en laissant partir sans encombres de l’aéroport de Roissy des dizaines de nervis de la LDJ après qu’ils eûrent publiquement annoncé recruter des personnes ayant une expérience militaire afin d’aller prêter main forte aux colons de Cisjordanie pour casser du Palestinien. (Il faut dire que c’était avant que Sarkozy pense à des "mesures contre les personnes qui se rendent à l’étranger pour des travaux d’endoctrinement !").
Donc, de quels risques d’incidents et de débordements parle-t-on ? De ceux que le gouvernement israélien voudrait créer de toutes pièces, alors que nous comptons nous présenter tranquillement au contrôle des passeports de l’aéroport de Tel Aviv, avec des papiers en règle et des invitations émanant d’associations palestiniennes qui oeuvrent dans le domaine de l’éducation ?
Comment se permettre d’écrire, comme si il allait de soi que nous serions expulsés, que nous pourrions de surcroît, être en rétention "en cas de refus d’expulsion" ? Pourquoi serions-nous expulsés ? Et pour quels(s) délit(s) ? Pourquoi faudrait-il accepter de subir une expulsion parfaitement arbitraire et illégale ?
Nous n’avons pas d’illusions sur nos gouvernants et sur le fait qu’ils mangent dans la main de l’occupant israélien. Nous savons comment ils se sont comportés en juillet dernier, et plus généralement comment ils refusent d’appliquer le droit international, et le principe de réciprocité, alors qu’ils laissent entrer en France tous les Israéliens qui le souhaitent, y compris les criminels de guerre. Ils ne défendent même pas les diplomates français quand ils sont humiliés, brutalisés voire blessés par la police ou l’armée israélienne.
Quand nous lui avons demandé pourquoi la France ne prenait aucune sanction contre Israël, y compris dans ces situations, M. Le Cour Grandmaison nous a répondu textuellement :
"Je ne suis pas sûr que des sanctions contre Israël seraient efficaces. Je viens de recevoir des opposants syriens qui pensent que des sanctions contre la Syrie ne serviraient à rien, et qu’il faut une intervention militaire". (sic)
Ce à quoi nous avons répondu que nous n’étions pas venus, pour notre part, réclamer un bombardement sur Israël même si le gouvernement israélien d’extrême-droite n’était pas mieux que celui de la Syrie...Et que s’il préférait les bombardements aux appels au boycott, c’était son choix pas le nôtre.
Est-il utile de préciser que lorsque ce responsable du Quai d’Orsay s’est permis, lors de la même entrevue, de nous demander la liste de nos participants, nous avons bien entendu refusé.
La méthode d’intimidation ne marchera pas. Les participants à la mission "Bienvenue en Palestine" ont le droit, la justice et la morale de leur côté. Et ils sont conscients de la gravité de la situation pour les Palestiniens, chaque jour davantage persécutés et dépossédés. Ils n’ont pas honte d’aller leur rendre visite. Et de le faire la tête haute, sans mentir, sans rentrer dans le jeu de l’occupant, qui voudrait rayer de la carte la Palestine et les Palestiniens.
Messieurs du Quai d’Orsay, messieurs du gouvernement, l’histoire retiendra que vous n’avez pas beaucoup de dignité.
CAPJPO-EuroPalestine
Site du MAE
Dernière mise à jour le : 30 mars 2012 - Information toujours valide le : 30 Mars 2012
Dernière Minute
Aéroport de Tel Aviv
Des risques d’incidents et de débordements à l’aéroport Ben Gourion existent à partir de dimanche 15 avril prochain, dans le cadre de l’initiative "Bienvenue en Palestine" prise par certaines associations. Il est déconseillé de participer à cette opération, eu égard aux risques de rétention dont pourrait faire l’objet certains voyageurs en cas de refus d’expulsion.
Les autorités israéliennes ont déjà indiqué qu’elles ne laisseraient pas entrer sur leur territoire les personnes qui pourraient représenter, selon elles, un trouble pour l’ordre public. Elles ont fait savoir que les personnes qui refuseraient d’être refoulées seraient transférées en centre de rétention, en attente soit de leur expulsion soit d’un passage devant la justice israélienne.
Les organisateurs ont été mis en garde par les services du ministère des Affaires étrangères et européennes contre les risques induits par cette opération.
Jérusalem et Territoires palestiniens
Il est recommandé de faire preuve de prudence lors des déplacements en Cisjordanie (en particulier dans les grandes villes : Ramallah, Hébron, Naplouse, Jénine) comme à Jérusalem-Est (en particulier le vendredi), d’éviter les rassemblements et les attroupements, enfin de redoubler de vigilance à l’approche des check-points et des colonies israéliennes.
Bande de Gaza
Tous les déplacements dans la Bande de Gaza sont fortement déconseillés. La Bande de Gaza est régulièrement la cible d’actions militaires israéliennes. En outre, le risque d’enlèvement de ressortissants étrangers y demeure très élevé.
Il est par ailleurs formellement déconseillé de prendre place à bord de navires ayant pour intention de briser le blocus maritime imposé sur la Bande de Gaza, eu égard aux risques sécuritaires liés à une telle entreprise.
http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs/conseils-par-pays/israel-territoires-palestiniens-12265/