Posted: 26 May 2012 07:39 AM PDT
Par Chérif Abdedaïm, La Nouvelle République du 26 mai 2012
Une récente étude du professeur britannique Maurice
Ohayon a révélé que le somnambulisme chez les adultes est au moins deux
fois plus fréquent qu’imaginé.
Alors, en matière économique, il ne faut pas espérer
trouver des somnambules, car c’est la loi du « marche ou crève ! » qui
gère les affaires de ce monde.
Après la guerre de dévastation occidentale en Libye,
la plupart des observateurs s’accordaient sur l’idée qu’il y ait une
seconde guerre, économique, entre prédateurs.
Les « prémonitions » n’ont pas tardé à se réaliser.
Ainsi, les américains viennent de passer l’offensive
pour placer leurs multinationales pétrolières en pôle position en Libye.
Aussi, « provoqueront-ils » de récentes enquêtes en étroite
collaboration avec les autorités libyennes, par le biais de leur
Securities and Exchange Commission (SEC) et la Foreign Corrupt Practices
Act (FCPA), et ce, en chasse d’affaires de corruption impliquant la
société française Total.
Dans ce contexte, l’affaire qui a jeté de l’huile sur
le feu, concerne l’ancien ministre du pétrole de Kadhafi, exilé à
Vienne, retrouvé mort noyé dans le Danube, le 30 avril dernier.
Selon certaines sources, il serait logique de penser
que celui-ci, en tant que témoin, pouvait infirmer ou confirmer les
accusations portées sur Total dans le cadre des enquêtes déclenchées par
les autorités libyennes et la Securities and Exchange Commission (SEC).
Cela dit, ce plan américain de redéploiement en Libye
et dans les pays subsahariens sonnerait-il le glas des compagnies
pétrolières européennes au travers d’une politique de répression de la
corruption n’ayant pour finalité que de servir les intérêts nationaux
américains ?
Outre cette activation de la machine prédatrice
économique, les américains continuent de semer la mort avec leurs
drones. Au Nord du Pakistan, les drones américains ont encore tué. C’est
ainsi qu’on dénombre 14 morts lors des deux raids menés mercredi et
jeudi dernier.
Pas besoin d’attendre des excuses, « ce sont des
membres d’Al Qaïda », vous rétorqueraient ces criminels qui prétendent
prophétiser leur démocratie à coup de bombes et de drones, nouvelle
armes devenue une « mode ».
Pour sa part, l’Italie, après avoir mis à disposition
de l’OTAN sept bases aériennes pour les 10mille missions d’attaque
contre la Libye, et y avoir participé en larguant un millier de bombes
et missiles, vient de faire un geste de « charité » vis-à-vis des
enfants libyens atteints de traumas psychiques. Pour cela, elle a lancé
un projet d’un coût de 1,5 million d’euros, prévoyant l’envoi d’une task
force d’experts qui opèrera à Benghazi, Tripoli et Misrata, en
collaborant avec les « autorités libyennes ». Voilà, donc, après le
meurtre c’est le moment des « condoléances ».
Chérif Abdedaïm, La Nouvelle République du 26 mai 2012