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vendredi 4 mai 2012

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Posted: 04 May 2012 01:18 AM PDT
Par Chérif Abdedaïm, article paru dans le numéro 1 du mensuel français “ l’AUDIBLE”



Nicolas Sarkozy vient de passer sous silence la commémoration du 50ème anniversaire des Accords d’Evian. Quels seraient les tenants et les aboutissants de cette mesure fort symbolique et, du coup, préjudiciable à la mémoire collective ?
Avant de chercher les motivations profondes à l’origine de cette décision, qu’on pourrait aisément qualifier de révisionniste, il serait d’abord préférable de décrypter les événements qui l’ont précédée.

Le 4 février dernier, la LICRA, officine sioniste affiliée au CRIF, avait organisé, à Paris, un colloque international animé par Audrey Pulvar, sur le thème: « La tragédie des Harkis: un crime contre l’humanité ?».
Le 17 mars, l’Association « Jeune Pied Noir » avait à son tour récidivé par l’organisation, à Paris, d’un colloque de synthèse intitulé : « Les Accords d’Evian: crime d’Etat et/ou crime contre l’Humanité ? ».

Le 19 mars, c’est  un article de Bernard Coll, issu de la même association, titré « 50 ans après les Accords d’Evian : un silence d’Etat pour masquer un crime d’Etat» et publié par « The Huffington Post », qui vient clôturer cette série de diatribes à l’encontre du Général De Gaulle.

En référence aux promesses, faites aux Harkis par Nicolas Sarkozy lors de sa campagne présidentielle 2007 : « Si je suis élu Président de la République, je veux reconnaître officiellement la responsabilité de la France dans l’abandon et le massacre des Harkis et d’autres milliers de « musulmans français » », on peut aisément conclure que cette décision n’est pas fortuite.

A se demander notamment, si Nicolas Sarkozy  est réellement conscient de la portée de son alignement sur ces positions révisionnistes qui constituent une insulte à l’histoire de France et au Général De Gaulle.
Si la « reconnaissance officielle de la responsabilité de la France » devait se faire, elle devrait l’être en faveur des algériens, soit ceux qui ont payé le lourd tribut du colonialisme, et non envers leurs anciens dominateurs.

Nicolas Sarkozy peut-il lui-même décréter que les enfants français n’aient plus droit de savoir comment l’Algérie et la France ont conclu leur paix ?
Cette négation arbitraire de l’Histoire est une atteinte aux valeurs républicaines, une confiscation de la mémoire collective.

Le candidat-Président serait-il prêt à brader l’Histoire de la France, en misant sur les harkis et les Pieds Noirs, pour espérer décrocher une éventuelle investiture ? Aux français d’en juger.

Chérif Abdedaïm, journaliste au quotidien algérien LA Nouvelle République