Bouquetin à Champagny le Haut en SAVOIE LIBRE

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samedi 30 juin 2012

ISRAËL, RACISME, SIONISME, JERUSALISME, ECHO DES MONTAGNES, FREDERIC BERGER

Ministre de l’intérieur : "Israël est le pays de l’Homme Blanc"




On ne voudrait pas avoir l’air de "délégitimer" ce sympathique Etat moderne et démocratique, mais c’est exactement ce qu’a déclaré Eli Yishai, ministre israélien de l’intérieur, pour justifier la déportation des demandeurs d’asile africains.

Expliquant qu’il "utiliserait tous les moyens pour expulser les étrangers", ce cher homme a ajouté qu’"lsraël appartient à l’homme blanc" (sic).

Remarque qui succède à de nombreuses autres, faites par divers politiciens israéliens qui ont qualifié les réfugiés africains de "cancer" d’"infiltrés" et ont répandu des accusations sans fondement de violence et de viol à leur encontre. Netanyahou expliquant de son côté que leur présence remettait en cause "notre identité".
“Nous savons que la situation actuellement est très difficile, puisque plus de la moitié de la population souffre de la faim et que beaucoup de réfugiés risquent leur vie d’un point de vue sécuritaire en retournant actuellement dans ce pays", s’était inquiété Orit Marom, coordinateurs de l’association israélienne d’aide aux réfugiés et demandeurs d’asile (ASSAF).
“Yishai se moque de savoir ce qu’il en adviendra de la vie de ces enfants", a-t-il ajouté alors que des israéliens de droite ne cessent de jeter des coktails molotov sur les appartements où vivent des Africains, les attaquent en pleine rue et vandalisent leurs magasins, même s’ils ne sont pas réfugiés mais installés à tel Aviv ou à Jérusalem. Et les Juifs éthiopiens font également les frais de ces attaques racistes, puisque de nombreux israéliens sont convaincus qu’Israël est le "pays de l’Homme Blanc".
"Même si le racisme existe aussi un peu partout en Europe, souligne Lara Friedman, le sionisme, en tant que principe d’exclusion de tout ceux qui ne sont pas juifs, nourrit naturellement le racisme. Le concept d’Etat juif est de nature à conduire à des pogroms et des lynchages comme ceux auxquels on a assisté à Eilat"
Les manifestations racistes de foules déchainées à Tel Aviv sont clairement encouragées par les propos des dirigeants au gouvernement, souligne Tony Greenstein, ce qui est une situation sans équivalent, y compris dans des pays aussi réactionnaires que les Républiques Baltes, la Croatie ou l’Ukraine.
Voir ainsi les opprimés d’hier utiliser les méthodes de l’oppresseur n’est pas vraiment nouveau non plus puisque les Sud-Africains partisans de l’Apartheid se targuaient du fait que les premiers camps de concentration dans leur pays avaient été mis en place par les Britanniques à l’encontre d’eux-mêmes, les indépendantistes Boers.
Tony Greenstein

Nurit Peled appelle à la "rebellion" contre le racisme d’Etat israëlien




Nurit Peled, israélienne, dont la fille de 14 ans a été tuée dans un attentat suicide, appelle à mettre fin aux ghettos, à l’apartheid, au racisme et à la peur instaurés par l’Etat d’lsraël.

Discours prononcé par Nurit Peled le 9 Juin 2012
Je dédie mes paroles ce soir à trois grévistes de la faim . Mahmoud Sarsak qui jeûne depuis 83 jours. Un excellent joueur de football de Gaza, il a été arrêté il y a trois ans en raison de la Loi contre les « Combattants illégaux » qui a permis qu’il soit emprisonné à vie, sans procès et sans charges retenues contre lui. Akram Rikhawi , emprisonné depuis 2004 et qui est en grève de la faim depuis le 12 avril en protestation contre son maintien en détention en dépit de son état de santé fragile. Et Samer al-Barq, qui a recommencé sa grève de la faim après l’avoir arrêtée en raison de la signature de l’accord car comme beaucoup de ceux qui ont été relâchés, il a été l’objet d’une nouvelle mesure de détention administrative.
Ces prisonniers sont encore en vie car « quand une fois la liberté a explosé dans une âme d’homme, les dieux ne peuvent plus rien contre cet homme-là » ( Sartre, les Mouches acte 2, 2ème tableau, scène 5). Ni le dieu de la puissance Sioniste. Ni l’ange de la mort Israélien. Ces prisonniers et des milliers d’autres comme eux, dont plus de 20 membres du parlement et le Président du parlement de Dr Aziz Dweik, sont détenus sans procès ou aide judiciaire dans des conditions humiliantes depuis des années sans visites et sans espoir. Ils sont les combattants pour la liberté de ce pays ,qui nous rappellent encore et encore que nous vivons tous sous occupation et que seule leur libération pourrait restaurer notre propre liberté.
Les citoyens Arabes d’Israël vivent sous occupation depuis 65 ans maintenant et les citoyens Juifs d’Israël vivent en état de siège, siège qu’ils se sont imposés à eux-mêmes. Nous sommes tous assujettis à un régime colonial ce qui veut dire l’appropriation des terres et des ressources en eau, le nettoyage ethnique, la destruction des paysages et la destruction de l’esprit humain. Une langue et une culture dont ils n’ont rien à faire sauf pour exprimer leur statut d’êtres conquis ont été imposées aux Arabes dont la langue et la culture ont été délibérément et institutionnellement effacées des vies des Juifs , et ainsi nous ne pouvons pas enseigner à nos enfants et rappeler à leur enfants « qu’il peut aussi y avoir une histoire d’amour entre un poète arabe et cette terre. » ( Mahmoud Darwich ).
Ainsi, depuis sa création, Israël a sans cesse perpétué, comme le font les régimes d’oppression, une société aliénée et une culture coupée de cette région, de ses habitants, de ses odeurs, de ses saveurs. Même les arbres et les fleurs de nos jardins sont aliénés, étrangers et ne sont pas natifs d’ici. Cette aliénation témoigne encore et encore que depuis le jour de sa création, Israël a posé comme un blason sur son drapeau les symboles de l’apartheid et du racisme et évacué les symboles de la liberté et de la fraternité qui sont les gages d’une démocratie.
Cette année, le régime d’apartheid de l’Etat des Juifs a prouvé sa loyauté entière au racisme et aux symboles du racisme. Vingt-cinq projets de lois racistes ont été soumis et plus de dix lois racistes ont été votées cette année, et à peine une poignée de citoyens juifs sont descendus dans la rue. Plus de 300 personnes emprisonnées sans procès ont entamé une grève de la faim absolue pendant deux mois et plus, et à peine une poignée de citoyens juifs sont descendus dans la rue. Des milliers d’enfants ne vont pas à l’école à Jérusalem-Est parce que le ministre juif de l’éducation n’ouvre pas les classes et parce que la loi raciste de citoyenneté fait d’eux des citoyens de nulle part et personne ne descend dans les rues. La séparation des familles, l’expulsion des habitants, la confiscation des terres, les enfants tirés de leur lit et interrogés cruellement, les familles expulsées de leurs maisons et jetées à la rue, les fermiers torturés par des brutes portant Kippa agissant sous la protection de l’armée et sous les ordres du gouvernement – et à peine quelques-uns descendent dans la rue. Voilà le sommet de la réussite du mouvement sioniste.
L’Etat d’Israël qui a été déclaré officiellement comme un Etat d’Apartheid se distingue par ce qui a toujours été la méthode la plus typique et la plus aboutie du racisme : la classification des êtres humains. La langue hébraïque qui est en train de devenir de plus en plus repoussante sous les auspices de l’armée d’Occupation et de la bureaucratie de l’Occupation est pleine de classifications : il y a les gens qui sont un cancer au cœur de la Nation, il y a les personnes qui sont un danger pour la sécurité , et il y a les gens qui sont une plaie ou un cauchemar démographique et il y a des gens qui sont un danger sanitaire, eux tous sont classifiés et rangés en catégories d’une façon telle que même le plus ignorant et le plus rustre des ministres israéliens est capable d’apprendre ces catégories par cœur.
Nous sommes tous sujets à classification. Nous sommes tous contrôlés par les lois racistes de cet endroit et volontairement placés dans des ghettos. Le ghetto sioniste a appris à ne rien voir et à ne rien entendre qui vienne d’au-delà les murs qui l’entourent : les murs réels fait de béton, et les murs imaginaires faits d’obéissance, de haine et de peur viscérale. Nous n’osons pas protester contre les lois racistes, nous n’osons pas défier les signes racistes qui nous interdisent a bouger sous peine d’amende, nous n’osons pas défendre les enfants torturés, nous n’osons pas abattre les murs de Gaza, et nous n’osons pas aller à Hébron et Dheisheh , à Jenine et Ramallah pour prendre des nouvelles de nos voisins. C’est ça la grande victoire de l’Occupation. Sous le couvert de l’Occupation, nous choisissons encore et encore de plier sous la férule de criminels de toutes sortes, criminels de guerre, ignorants et rustres.
Ainsi, nous nous punissons nous-mêmes pour notre impuissance et le dessèchement de notre esprit. Année après année, nous accompagnons nos enfants aux portes des écoles, et nous les laissons étudier dans un système scolaire qui brûle les livres d’histoire et de citoyenneté et autorise les livres qui incitent au meurtre des enfants.
Nous les abandonnons au lavage de cerveaux et au mensonge au sujet de la guerre de libération que nous avons gagnée et le Jour de Jérusalem qui signifie notre conquête , et la parade de la Samarie , qui est à nous , et nous les laissons être conduits à Hébron , la Cité de nos Patriarches, et à la Cité de David- notre roi qui n’est pas en vie, et peut être n’a jamais existe.
Les professeurs dans ce système ne sourcillent même pas quand on leur demande d’empoisonner le cerveau de leurs élèves avec des histoires fallacieuses à propos de nos droits historiques sur les terres de nos voisins, à propos de l’héroïsme et de la victoire , quand c’est en réalité du nettoyage ethnique , suscité et planifié par les institutions du racisme. Le but ultime de l’éducation israélienne est de préparer des enfants à devenir les soldats obéissants des forces d’occupation d’Israël.
Nous courbons la tête, quand l’organisation terroriste la plus institutionnalisée du monde nous prend nos enfants et les recrute dans ses rangs et leur apprend comment classer les personnes, comment classer les enfants, comment classer les bébés, comment classer les souffrances et comment classer les morts. Et tout ça en vue d’endurcir leurs cœurs et de ralentir leur raison afin qu’ils puissent malmener, détruire et tuer avec une conscience propre. Nous sommes à tel point sous occupation que même lorsque l’être humain se vide de son sang, nous continuons à classer sans comprendre que tous, les morts et les vivants, nous sommes les victimes de l’Occupation.
Nous ressentons la douleur des parents d’un seul soldat juif captif et nous ne laissons pas la douleur des milliers de parents d’enfants palestiniens kidnappés nous atteindre, ces parents qui ne sont pas autorisés à rendre visite à leurs enfants incarcérés pendant des années car le prix exigé d’eux pour une visite est la collaboration avec l’oppresseur. Nous ignorons la souffrance des enfants de Gaza qui vivent dans les faubourgs de la mort, victimes de malnutrition, de manque de soins médicaux, sans électricité, sans le droit à l’éducation et aux moyens d’existence, sans une chance et sans un espoir.
Comme chacun le sait aujourd’hui, la guerre de 1967 n’était pas une guerre pour laquelle nous n’avions pas le choix. C’étaient de jeunes généraux qui se sont rués hors de l’enclos, des poulains au sang chaud qui ont germé et grandi dans le ghetto sioniste et ont appris à rêver des rêves de conquête. Ils se sont entraînés jusqu’à en être capables et ils ont profité d’un moment de stupidité de la part des voisins pour défoncer chaque obstacle , pour abandonner toute limite et pour conquérir et s’étendre et détruire joyeusement avec une raison intoxiquée, avec un sentiment de suprématie et de toute-puissance mais sans aucun plan pour l’avenir , sans aucune pensée pour le jour d’après et pour les millions d’êtres humains assujettis du jour au lendemain.
Afin de justifier la dévastation et la destruction, les faiseurs de mythes officiels (mythologues ??) ont été mobilisés pour attribuer un verset de l’Ecriture à chaque meurtre profane et une Nation entière a été balayée dans un torrent de pillage et d’exploitation se surpassant eux-mêmes chaque année car le génie juif, à partir du moment où il a été embrigadé pour la cause de la ruine et de la dévastation, de la destruction et du meurtre n’a cessé d’acquérir toujours plus de compétences.
Aujourd’hui, l’Occupation commence à montrer ses effets sur la qualité de vie de la nation dominante et ils se dressent pour demander la justice sociale. Mais la justice sociale elle aussi entre dans les classifications. La justice sociale c’est pour les habitants de ce ghetto-ci et pas de ce ghetto-là. Les habitants de ce ghetto-là ne pourraient que salir notre justice sociale, si nous les incluions dans nos revendications, si nous leurs offrions une tribune, si nous laissions leurs voix être entendues pour revendiquer ce qui leur appartient. Car ce ghetto-là est fait pour des raisons de sécurité et ses habitants ne sont pas des victimes d’injustice ou de racisme, ils sont des problèmes de sécurité tous et chacun d’entre eux. Et quand ils sont tués, ça n’est pas par racisme mais pour des considérations politiques et nous, nous ne nous engageons pas en politique. C’est ainsi que ce mouvement pour la justice sociale, dont l’échec était inscrit sur les murs depuis sa conception, est le plus pur et le plus spectaculaire produit du système d’éducation Israélien.
Malheur à nous, dont les enfants sont les criminels de l’Occupation d’aujourd’hui, malheur à nous qui avons aussi succombé au racisme , qui avons ainsi laissé les criminels de l’apartheid occuper nos esprits et nous couper de tout ce qui est humain, de tout ce qui est juste, de tout ce qui est paix et sérénité, bon voisinage, amour de l’humanité , pitié et compassion afin de pouvoir atteindre leurs vils objectifs. L’esprit des grévistes de la faim dans leurs cellules exigües exhalent libération et liberté et notre propre esprit est opprimé et expirant.
Nous vivons dans un ghetto qui n’a ni cité ni patrie, son langage n’est pas celui de la région, un ghetto qui ne s’ouvre sur rien sauf des routes réservées aux juifs et interdites aux palestiniens, qui détournent, traversent sans voir ce qui est vivant.
Le temps est venu où nous devons rejoindre nos voisins de tout le Moyen-Orient pour chanter les hymnes de la vraie rébellion, temps de déclarer l’ouverture des frontières , de faire tomber les portes des prisons, de rendre les oliveraies et les vignes à leurs propriétaires, de laisser rentrer les enfants de Palestine dans leurs frontières et dans leurs terres et de tenter de retrouver ce qui a été foulé aux pieds par les souliers cloutés des brutes épaisses. Seulement alors, si les vrais enfants de cette terre nous permettent d’apprendre comment y vivre, nous aussi pourrons nous libérer nous-mêmes de l’Occupation et être libérés de la peur.
Car, comme le disait Menachem Begin : « l’essence de la liberté est d’être libre de la peur, car la peur est une loi d’autant plus terrible qu’elle demeure cachée »
Parmi nous la peur est manifeste, parmi nous la peur est la force motrice/motivante de chaque acte. Peur de refuser de servir dans l’armée d’Occupation, peur de s’engager pour soutenir un boycott légitime des produits des colonies illegales, peur de visiter les voisins. Les enfants des jardins d’enfants qui sont arrivés ici d’Ethiopie il y a quelques mois savent déjà qui haïr et de qui avoir peur. Ils sont glacés de terreur et de peur des Arabes dont ils n’ont jamais vu un seul. Ils sont sûrs que ce sont les Arabes qui ont brûlé le Temple, assassiné les Juifs en Allemagne , qui les détiennent à Gondar, et qui les guettent de tous côtés. Nous devons libérer nos enfants des murs de peur et leur enseigner les bases de la liberté et de la responsabilité, leur expliquer, et nous expliquer à nous aussi, qu’une personne qui obéit à des ordres qui l’empêchent d’aller où il veut, même si c’est à Hébron, Jenin ou Ramallah , n’est pas une personne libre mais une personne asservie. Une personne qui invente des lois pour restreindre l’accès de ses voisins à l’éducation où à des moyens d’existence est une personne opprimée, une personne subissant un siège. Ce siège peut seulement être levé par une résistance du type ce celle dont nous sommes témoins à Bil’in, Nil’in, Nabi Saleh , Maasara et par une désobéissance civile courageuse et un « Non » sans ambiguïté – ainsi que le font nos voisins.
Je voudrais conclure par ces quelques lignes écrites par Almog Behar , qui a écrit ce qui suit à Mahmoud Darwich :
« A mon frère Mahmoud Darwish :
Qui a fait de notre histoire un conflit
Et m’a placé parmi les hautes tours
Debout, observant au-dessus des lourdes portes de Gaza
Scrutant les fenêtres des maisons dans le viseur de fusils
Qui a construit entre nous des murs de béton et de fer, et les yeux des caméras
Et nous a partagés entre conquérants et conquis
Quand nous devrions être frères ? »
Nurit Peled-Elhanan
Traduction en français : Roseline Derrien

Andrey Pshenichnikov, l’israélien qui essaie de se débarrasser de sa citoyenneté




Ci-dessous, llies qui a rencontré Andrey, relate son parcours, sa prise de conscience des méfaits du sionisme alors qu’il sert dans l’armée israélienne, puis ses tentatives d’aller vivre parmi les Palestiniens.... ce qui ne parait guère possible tant qu’il a la citoyenneté israélienne. D’où sa volonté de s’en débarrasser le plus vite possible... ce qui n’est pas si simple !


"Andrey Pshenichnikov, l’israélien qui a refusé le sionisme.
Andrey Pshenichnikov , un ancien soldat israélien s’apprête à rendre son passeport, pour aller vivre en Palestine soutenir ceux qu’il considère comme les « victimes du sionisme ». Récit d’un parcours pas comme les autres.
A 24 ans, Andrey a déjà connu plusieurs vies. Né en URSS, dans l’actuel Tadjikistan, sa famille de colons russes choisit, face à l’adversité et à l’extrême pauvreté de la région, de partir en 2001. Leur destination sera Israël, ou il sera reçu, scolarisé, puis naturalisé. Andrey, à l’aube de ses 18 ans, doit comme tout autre jeune Israélien, effectuer son service militaire. Cependant, à ses yeux de jeune adulte, la situation du pays n’est pour lui pas acceptable. Et il n’y va pas par quatre chemins : « Je suis antisioniste depuis que je comprends ce que cela veut dire ».
Bon gré mal gré, il part dans la région de Tel-Aviv, où il est affecté aux « Signal Corps », un service de l’armée dédié à l’informatique. Loin de mettre ses opinions de côté, il ne cherche qu’à s’en aller. « Je me suis tout de suite déclaré pro-palestinien. Dans ces cas-là, l’armée pratique une grande politique de l’ignorance : je me suis peu à peu retrouvé très isolé ». La dernière année de son service sera même marquée par une évaluation psychiatrique, où il sera considéré comme potentiellement dangereux pour Israël. « Je ne faisais pas partie de ce monde. Les derniers mois, je passais ma journée au travail, mais je vivais dans un village bédouin de la région ». Son engagement militaire terminé, Andrey choisit de vivre pleinement pour ses opinions. Il quitte les bédouins, pas assez radicaux à son goût, pour trouver du travail. Mais ce n’est là qu’un appui pour sa véritable occupation : « Je passais l’intégralité de mon temps libre avec des militants. Je me suis lié avec des opposants, j’ai participé à des manifestations ». Cet engagement, clair et net, n’est cependant pas suffisant à son goût. Il veut aller vivre en Palestine : il quitte donc son travail et part à Bethléem. Là-bas, la difficulté est rapidement de mise. « J’étais israélien : personne ne voulait m’aider ». Malgré tout, le jeune homme persévère, et finit par trouver un travail dans un hôtel russe. Et si tout va bien durant quelque temps, les difficultés reviennent lorsque ses collègues locaux protestent contre l’arrivée d’un israélien. « Les employés ont fait pression. J’ai dû quitter mon travail ».
Déterminé à se faire accepter, Andrey trouve alors un point de chute parfait à ses yeux. Il est engagé dans un camp de réfugiés Palestinien, en tant qu’ouvrier de construction. Sa nationalité le rattrape une nouvelle fois. « J’étais isolé du camp. Les gens me voyaient toujours comme un israélien ». Les choses s’empirent lorsque un jour, des soldats israéliens viennent l’arrêter. « Je n’avais pas de permis de travail. Ils ont fouillé ma maison, et ils ont trouvé ma carte de soldat de Tsahal ». Les autorités ne s’arrêtent pas là. « Ils ont montré cette carte à tout mon entourage en Palestine, et m’ont fait passer pour un espion. Plus personne ne me faisait confiance ». Expulsé de Cisjordanie, sans travail, désabusé, il ne renonce toujours pas. A la première occasion, il retourne en Palestine. « Les gens du camp de réfugiés m’ont jeté des pierres. Et l’armée m’a vite retrouvé ». Mis dehors une nouvelle fois, Andrey reste une semaine en prison.
Il considère alors que c’est sa nationalité qui l’empêche de vivre aux côtés des Palestiniens comme il le souhaite, et cherche à s’en débarrasser afin d’aller cette fois à Gaza. « Je voulais partir à l’étranger, où il est plus facile de rejeter son passeport ». Avec l’argent de son travail, il s’en va alors à Barcelone, puis prend un car jusqu’à Paris.
Vendredi dernier, Andrey s’est rendu à l’ambassade d’Israël en France, afin d’engager une procédure de refus de nationalité. « Ils m’ont dit qu’il s’agit d’une procédure très longue, que j’avais besoin de l’autorisation de la France, et que cela prendrait au moins 6 mois ». Peu importe la durée, le russe est déterminé. « Tout ce que je veux, c’est rendre ce passeport, pour enfin vivre à Gaza, avec les Palestiniens opprimés ».
(Par l.H.)