Bouquetin à Champagny le Haut en SAVOIE LIBRE

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vendredi 27 juillet 2012

CIRCONCISION, JERUSALISME, RELIGION, ECHO DES MONTAGNES, SUISSE, JEUX OLYMPIQUES, LODRES, FREDERIC BERGER


                                      Circoncision

«La liberté religieuse des parents prime sur le droit d’un enfant à son intégrité physique»

Par Gabriel Sassoon.
Professeur d’éthique à l’Université de Genève, le théologien Denis Müller livre ses impressions sur l'interdiction de la circoncision.

Fin juin, le tribunal de grande instance de Cologne considérait que la circoncision religieuse de garçons n’ayant pas l’âge de discernement était une atteinte punissable à leur intégrité physique. L’ire des communautés juives et musulmanes n’a par la suite pas empêché l’Hôpital de l’Enfance de Zurich de suspendre toute intervention du genre le temps d’entamer une réflexion sur ses implications juridiques et éthiques.

Depuis, l’hôpital pédiatrique de Saint-Gall a revu sa pratique, cherchant à dissuader autant que possible les parents souhaitant circoncire leur fils sans motif de santé, tandis qu’une province autrichienne a enjoint ses établissements médicaux de ne plus effectuer de circoncisions religieuses ou culturelles. Professeur d’éthique à l’Université de Genève, le théologien Denis Müller livre ses impressions.

Quelle est votre position sur une interdiction de la circoncision?

- J’y suis opposé. Dans une société pluraliste, il faut accepter les religions dans leur forme existante, même si certaines pratiques nous dérangent. Je précise que mon avis diffère totalement pour l’excision féminine. Celle-ci est une coutume sociale, sans commune mesure avec la circoncision masculine, qui a des effets désastreux sur les filles et les femmes.
 
La liberté religieuse des parents doit donc l’emporter sur le droit d’un enfant à son intégrité physique?

- Oui. La demande rituelle est du côté des parents, ce sont eux qui sont attachés à ce rituel. S’ils estiment que la circoncision est importante et que par ailleurs les conséquences sur la santé et le bien-être de l’enfant sont minimes, c’est à eux de décider. Il existe cependant des cas où le judaïsme renonce à la circoncision, parce qu’il y a des antécédents de mortalité ou de maladie dans la famille.
 
Attendre qu’un enfant ait l’âge de discernement n’est pas une meilleure solution?

- Je ne le pense pas. A ce moment-là, on peut aussi imaginer devoir demander aux enfants s’ils sont d’accord d’aller à l’école primaire. Mais il est intéressant de noter que la question touche aussi le christianisme où le débat est toujours actuel entre les partisans du pédobaptisme et ceux qui veulent laisser l’enfant libre de demander lui-même à être baptisé.