Bouquetin à Champagny le Haut en SAVOIE LIBRE

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samedi 17 janvier 2015

CHERIF ABDEDAÏM, ALGERIE, CHARLIE HEBDO, PALESTINE, GAZA, AL-QAÏDA, LEGION ARABE DE LA CIA, ECHO DES MONTAGNES, FREDERIC BERGER

Chronique : L’arroseur arrosé
 
Posted: 15 Jan 2015 09:39 AM PST

Par Chérif Abdedaïm, le 12 janvier 2015

Ces jours-ci la chronique reste défrayée par  les récentes attaques menées sur le sol français. Les « terroristes » présumés ont été mis hors d’état de nuire, alors que beaucoup d’observateurs ont relevé des incohérences que nous avons signalées dans une récente chronique. 

Comment on est-on arrivé là ? Telle est la question qui tarauderait les esprits en première instance. Certains pensent que l’ingérence de la France et son enlisement depuis le fameux printemps arabe demeure la cause majeure qui a motivé les « terroristes » à mener ces attentats. D’autres y voient l’empreinte du Mossad en réponse à la récente prise de position française concernant la reconnaissance de l’État palestinien. 

Pour mieux saisir la question, une brève   rétrospective  historique s’impose. Suite aux attentats du 11 septembre, l’historien américain  avait Webster Tarpley avait qualifié la très nébuleuse « Al-Qaïda » et tout ce qui s’y apparente, de « Légion arabe de la CIA », (C’est bien entendu un raccourci, car ces groupes ne sont pas uniquement arabes et n’obéissent pas seulement à la CIA.) par référence à la Légion arabe de 1920, cette armée de mercenaires mise en place par les occupants britanniques. 

Depuis le début du siècle dernier, qui a vu également la création par ces mêmes Britanniques du mouvement des Frères musulmans dans leur colonie d’Egypte, la promotion, la manipulation et l’utilisation des groupes islamistes à des fins coloniales, dans le but de contrer les tendances indépendantistes, nationalistes, panarabes, voire laïques et socialistes, n’a cessé de se développer. 

Discrètes et conspiratives au départ, ces manœuvres sont devenues évidentes avec la création d’Israël en 1948. Bien entendu, elles ont été reprises et amplifiées plus tard, lorsque le centre de gravité de la maîtrise du monde s’est déplacé vers l’Amérique sionisée. 

Avec l’Afghanistan à partir de juin 1978, puis avec la Yougoslavie (Bosnie, Kosovo) dans les années 1990, l’exploitation militaire du terrorisme islamiste par l’impérialisme occidental a pris sa forme définitive. Ensuite, après les attentats du 11 septembre 2001, cette stratégie est devenue systématique. A tel point qu’aujourd’hui guerre et terrorisme ne font plus qu’un, et le terrorisme indépendant n’existe pratiquement plus.
Pour couronner le tout et générer les indispensables « ressources humaines », on a mis en scène à partir de 2011, la fameuse « révolu-sion » du « printemps arabe ». Bien sûr, la production de chair à canon pour les nombreuses guerres américano-sionistes n’est pas la seule raison d’être de ces bouleversements, mais il faut reconnaître, fin 2012, que cet aspect des choses fonctionne à merveille. 


Un exemple dans l’article « La Tunisie envoie des djihadistes en Syrie ».  L’auteur nous dit : « En étroite collaboration avec les services britanniques et israéliens, Rached Ghannouchi  enrôle de jeunes Tunisiens pour les envoyer tuer et se faire tuer en Syrie. En contrepartie de ce « djihad », la promesse anglo-américaine de maintenir Ennahda au pouvoir…  La Tunisie est devenue le premier exportateur de terroristes… »
Très longtemps, l’Arabie Saoudite a été le seul financier de l’action islamo-terroriste menée à l’étranger pour le compte des Etats-Unis et d’Israël. Depuis quelque temps, l’émirat du Qatar est venu se joindre à elle et joue même dans certains cas un rôle prédominant (Libye, Syrie). 


Cela dit, le 7 janvier, vers 7 h du matin, à Sanaa (Yémen), un attentat à la voiture piégée a tué 37 jeunes hommes sans travail qui attendaient sur un trottoir dans l’espoir d’être embauchés dans la police…, et fait 70 blessés (bilan provisoire). Personne n’en souffle mot. A Paris, à 11 h 30 (4 h et demie plus tard), un commando terroriste armé de kalachnikovs attaque les locaux du magazine Charlie Hebdo, dans le 11ème arrondissement de Paris, tue douze personnes et en blesse onze. Parmi les morts on compte huit membres du comité de rédaction (dont le directeur de publication Stéphane Charbonnier et les dessinateurs Cabu et Wolinski), plus un « invité » de la rédaction, un gardien et deux policiers. Un des policiers tués était affecté à la « protection personnelle » de Charbonnier.
Comme dans tous les attentats de ce genre, les terroristes massacrent leurs victimes aux cris de « Allah ou-Akbar ». Ils sont parfaitement organisés mais l’un d’entre eux laisse traîner sa carte d’identité dans une voiture abandonnée pour faciliter le travail des « enquêteurs » – lesquels n’avaient pas besoin de cela  car ils connaissaient déjà les noms (arabes) des terroristes cinq minutes après la tuerie. Dès le départ, donc, on se conforme au scénario classique. 

Le magazine dit « satirique » était réputé pour son islamophobie viscérale et sa soumission inconditionnelle au lobby innommable. Sauvé de la faillite en 2011 grâce à une arnaque à l’assurance, Charlie Crado était de nouveau menacé de fermeture malgré les subventions publiques (voir article du 5 novembre 2014 intitulé : « Charlie Hebdo bientôt en faillite ? Son incendie fructueux demeure non élucidé ». 

Souvenir d’une époque lointaine où les caricatures de Charlie Hebdo n’étaient pas uniquement synonymes de racisme anti-arabe, y compris celles de Georges Wolinski, ce « petit juif polonais de Tunis » tué à l’âge de 80 ans. En ce temps-là, on pouvait se permettre ce genre de choses, et le mot Holocauste n’était pas encore l’arme de « destruction massive » qu’il est aujourd’hui.
Le magazine « Sionie » Hebdo était devenu le symbole de la dérive des valeurs. Son « patron » Charbonnier, dit « Charb », né en 1967, se disait « communiste » à une époque où cette « idéologie » n’existait plus que sur le papier. Son poing levé évoquait moins les luttes politiques d’autrefois auxquelles il prétendait se référer, qu’une pratique très tendance dans les milieux de la « gauche moderne ».
Charbonnier, Wolinski et les autres ont été « sacrifiés » par leurs maîtres pour servir la « cause » suprême – ce n’est pas la première fois que la chose se produit, et certainement pas la dernière.
Pour s’en convaincre, il suffit de voir avec quelle rapidité et quelle unanimité les medias sionisés du monde entier se sont emparés de l’affaire pour porter la guerre des mots – et bientôt peut-être la guerre tout court – à un niveau inégalé. Tout ce que la planète compte de « pressetitués » et de « journalopes » s’accorde à dire qu’il s’agit d’un nouveau 11 septembre.
Dans l’article intitulé « L’affaire de l’attentat « false flag » contre Charlie Hebdo », on lit :  « Ce 11 septembre du pauvre à la française va révéler ceux qui sont réellement opposés au système impérialiste israélo-anglo-saxon et ceux qui abondent dans l’idéologie mondialiste dont la « guerre des civilisations » est l’un des avatars. Mais que les tartuffes fassent attention, nous sommes bien entrés dans une nouvelle phase de la guerre que les USA et leurs marionnettes mènent contre les nations, et cette phase sera particulièrement terrible pour notre peuple. »
Plus loin encore, l’auteur poursuit : « Un service, américain ou israélien, avec des complicités françaises, a sélectionné, inspiré, incité les frères Saïd et Cherif Kouachi à commettre « l’opération Charlie ». De même que Atta avait obligeamment laissé son passeport dans les décombres du WTC, l’équipe de Charlie a oublié ses pièces d’identité en abandonnant sa première voiture ! Mais le ministre de l’Intérieur a été le premier, dès son arrivée sur les lieux, à affirmer que les tueurs étaient trois. Curieux, n’est-ce-pas ?… »

Dans son article « Qui a commandité l’attentat contre Charlie Hebdo ? », le journaliste Thierry Meyssan  souligne: « La mission de ce commando n’a pas de lien avec l’idéologie djihadiste… C’est la stratégie du « choc des civilisations » conçue à Tel Aviv et à Washington… Plutôt que de considérer cet attentat extrêmement meurtrier comme une vengeance islamiste contre le journal qui publia les caricatures de Mahomet et multiplia les « unes » antimusulmanes, il serait plus logique d’envisager qu’il soit le premier épisode d’un processus visant à créer une situation de guerre civile… » 

Si l’Opération Charlie n’est pas motivée par l’idéologie djihadiste, elle n’est pas non plus à usage strictement français – contrairement aux apparences. Le seul fait que des chaînes comme CNN ou la BBC consacrent aux événements autant d’attention que s’ils se déroulaient sous leurs fenêtres, prouve que tout est programmé et dirigé depuis un centre unique. Les mesures liberticides qui suivront ne toucheront pas seulement la France mais l’ensemble de l’Europe et des pays contrôlés par l’Empire. 

Le 9 janvier, deux jours après la tuerie de Charlie Merdo, la situation est de plus en plus confuse : quadrillage d’une zone rurale en Picardie (au nord-est de la capitale), chasse à l’homme infructueuse, encore un policier tué à Montrouge (banlieue sud), prises d’otages dans une imprimerie de Dammartin-en-Goële (près de l’aéroport de Roissy) et à la Porte de Vincennes (est de Paris) dans une épicerieHyper Cacher. Les trois islamistes sont passés à la vitesse supérieure (hyper-antisémite). Ils sont partout à la fois et tiennent en haleine toutes les polices de France et de Navarre. 

Mais ce deuxième acte se termine très vite. Avant la fin de la journée, les forces spéciales du GIGN donnent l’assaut et tuent le terroriste de la Porte de Vincennes (avec quatre de ses otages par-dessus le marché – pas grave, on dira que c’est lui qui les a abattus). Succès également à Dammartin, où les deux frères sont liquidés par les flics. Mais là, il n’y avait pas d’otages, juste un employé de l’imprimerie qui se cachait et dont les islamistes ignoraient l’existence ; il a eu de la chance de s’en sortir. Reste encore la petite amie du « djihadiste » de Vincennes – et éventuellement d’autres complices que les services israéliens voudront bien « identifier » »pour compléter le « réseau ». Comme on dit à Hollywood : « The Show Must Go On ».

Chérif Abdédaïm