Bouquetin à Champagny le Haut en SAVOIE LIBRE

Bouquetin à Champagny le Haut en SAVOIE LIBRE

mardi 23 août 2016

ITALIE, ROME, VATICAN, CATHOLIQUE, MUSULMAN, DAESH, MOSSAD, JUIF, FRANC-MACON, ECHO DES MONTAGNES, FREDERIC BERGER

       LE MOSSAD EN AC-SION
 L’Écho des Montagnes, dans le légitime but de vous informer, vous rappelle que l'E.I. ou DAESCH, c'est "kif kif koua la bariette"; c'est à dire que le patron de DAESCH est juif sioniste agent du Mossad.
Que les 50 principaux dirigeant de ce groupe sioniste ne sont pas musulman mais jérusaliste.
Donc voici en scoop la" décla-rat-sion" de ce groupe terroriste mossadien.
Daesh a déclaré :  "Il est très difficile de faire un attentat en Italie".

En réalité, certains documents des Services Secrets Italiens, dont le contenu a été récemment révélé, ont permis d'affirmer que Daesh  a déjà essayé, il y a quelque temps, d'organiser un attentat en Italie.
Deux terroristes, en provenance d'un pays du Moyen-Orient, sont arrivés à Naples avec la ferme intention d'exécuter le châtiment d'Allah pour les italiens infidèles.

Voici comment cela s'est déroulé...

Dimanche 23h47
Ils arrivent à l'aéroport international de Naples, en provenance d'Istanbul Ils sortent de l'aéroport après huit heures, car on a égaré leurs valises. La société de gestion de l'aéroport n'assume pas la responsabilité de la perte et un employé conseille alors aux terroristes de repasser le lendemain : "qui sait, avec un peu de chance..."
Ils prennent alors un taxi. Le conducteur (qui travaille au noir, sans
licence officielle) les regarde dans le rétroviseur et, voyant qu'ils sont étrangers, les promène dans toute la ville pendant une heure et demi.
Voyant qu'ils ne se plaignent pas, juste après que le compteur ait indiqué 200 euros, il décide de leur faire un sale coup. Arrivé au rond-point de Villarica, il s'arrête et fait monter un complice. Après les avoir volés et roués de coups, ils les abandonnent, inanimés, dans le quartier nord.

Lundi 04h30
A leur réveil, après un passage a l'hôpital, les deux terroristes réussissent à rejoindre un hôtel dans la zone de Piazza Borsa. Ils décident donc de louer un voiture chez Hertz, à Piazza Municipio. Ils se dirigent alors vers l'aéroport, mais juste avant d'arriver à Piazza Mazzini, ils restent bloqués dans une manifestation d'étudiants, d'anti-mondialistes en blouse blanche et de chômeurs napolitains, qui ne les font pas passer.

Lundi 12h30
Ils parviennent finalement à Piazza Garibaldi. Ils décident de changer leurs devises.... Leurs dollars sont alors changés en faux billets de 100 euros.

Lundi 15h45
Ils arrivent à l'aéroport de Capodichino avec la ferme intention de détourner un avion pour le précipiter sur les tours de l'ENEL (l'équivalent de EDF en Italie) du "Centro Direzionale".
Mais les pilotes d'ALITALIA sont en grève car il réclament le quadruplement de leur salaire et de réduire leur temps de travail. Même chose pour les
contrôleurs aériens, qui exigent la machine à poinçonner pour tous ("sinon, quels foutus contrôleurs sommes-nous?!" ont-ils déclaré).
Le seul avion disponible sur la piste est un avion de la MARADONA AIRLINES dont la destination est Alghero (en Sardaigne) et il a 18 heures de retard...
Les employés et les passagers campent dans la salle d'attente... et se mettent à brailler des chants populaires.. et entonnent des slogans contre le gouvernement et les pilotes! Les hommes de la Sécurité Aéroportuaire arrivent et commencent à frapper tout le monde à grands coups de gourdins, à droite et à gauche, et s'acharnent en particulier sur les deux arabes.

Lundi 19h05
Finalement, les choses se tassent. Les deux fils d'Allah, couverts de sang, s'approchent du comptoir de MARADONA AIRLINES pour acheter des billets pour Sassari, s'emparer de l'avion et le précipiter contre les tours de l'ENEL.
Le responsable de MARADONA AIRLINES qui leur vend les billets, ne dit pas que le vol, en réalité, a déjà été supprimé.

Lundi 22h07
A ce moment-là, les terroristes discutent pour savoir s'ils doivent poursuivre ou non... Ils ne savent pas si détruire Naples est un acte de guerre ou plutôt de charité...

Lundi 23h02
Morts de faim, ils décident de manger quelque chose au restaurant de l'aéroport. Ils commandent un sandwich "omelette, moules et pépéronade".

Mardi 04h35
En proie à une salmonellose foudroyante provoquée par l'omelette, ils finissent à l'Hôpital Cardarelli, après avoir attendu toute la nuit dans le couloir des urgences. La chose n'aurait pas duré plus de deux jours, si le choléra provoqué par les moules ne s'était pas déclaré.

Dimanche 17h20
Ils sortent de l'hôpital après douze jours et se retrouvent dans les parages du Stade San Paolo. L'équipe de Naples a perdu à domicile contre le Palermo 3 à 0, grâce à deux penalties accordés à l'équipe sicilienne par l'arbitre Concettino Riina de Corleone. Une bande d'ultras napolitains, voyant les deux à la peau basanée, les prennent pour des supporters du Palermo et leur filent une sacré rouste. Le chefs des ultras, un certain "Peppo u Ricchione" ("Peppo la Tarlouze"), abuse sexuellement d'eux.

Dimanche 19h45
Finalement les ultras s'en vont. Les deux terroristes décident de se saouler pour la première fois de leur vie (même si c'est pêché!).
Dans une gargote de la zone portuaire, on leur refile du vin coupé avec du méthanol et les deux retournent à l'hôpital Cardarelli pour intoxication. On leur découvre aussi la séropositivité au virus HIV (Peppo ne pardonne pas!).

Mardi 23h42
Les deux terroristes fuient l'Italie en radeau, direction la Libye, à moitié aveugles à cause du méthanol ingéré et avec une bonne douzaine d'infections dues au virus HIV. Ils jurent devant Allah qu'ils ne tenteront jamais plus rien contre ce pays inhospitalier. 


E VIVA L'ITALIA !!
Frédéric BERGER 



 




vendredi 19 août 2016

ALGERIE ET LA TORTURE



La République Torture
Par ce que …
Quand trop de sécheresse brûle les cœurs,
Quand la faim tord trop d’entrailles,
Quand on rentre trop de larmes,
Quand on bâillonne trop de rêves,
Et comme quand on ajoute bois sur bois sur le bûcher,
Enfin, il suffit du bout de bois d’un esclave pour faire dans le ciel de Dieu
Et dans le cœur des hommes
Le plus énorme incendie. « Mouloud Feraoun »


L'heure des tortionnaires
Qu’il est bien pénible d’aborder le thème de la torture de part et d’autre de la méditerranée, un secret tabou entouré du plus grand silence. Autant de douleur et de souffrance pour les victimes qui réclament à ce jour justice et plus d’embarras et d’humiliation pour ceux qui ont mauvaise conscience ou qui ont pris part à cette pratique.
Longtemps négligé et considéré comme un drame d’envergure limitée, le sujet refait surface par la seule volonté des victimes et remet à l’heure les vieilles pendules. Le devoir de mémoire et de vérité, plus fort que tout, impose de lui-même que l’on aborde ce fléau avec le sérieux qui lui est dû, afin d’établir les responsabilités des uns et des autres et mettre la lumière sur toute la vérité.
Aucun crime ne doit rester impuni, non pas par besoin de vengeance, mais des comptes doivent être rendus avant tout par respect pour la justice et le droit qui doivent régir le monde moderne.

IL est, sans nul doute, embarrassant pour un tortionnaire d’être rattrapé par le temps, mais malgré leurs âges et le temps qui s’est écoulé, les tortionnaires et les criminels de part le monde ne doivent plus se sentir à l’abri de poursuites et oublier leur passé en écoulant des jours heureux.
Qualifier la torture de crime est peu de chose, car cette pratique abjecte, déniée de toute logique, réduit l’homme à son état le plus bestial. La torture reste à cet égard un geste impardonnable, quelles que soient les circonstances de son utilisation et quels qu’en soit les motifs et les résultats, rien ne peut justifier l’usage de celle-ci même si l’adversaire y a recourt. S’y résoudre est une décente aux enfers et personne aussi fort soit-il ne s’en sort sans y laisser une partie de son âme et même souvent toute son âme.
Pendant la colonisation de l’Algérie l’usage de la torture était bien applaudi par les hauts fonctionnaires de la république dont François Mitterrand en personne. Le gouvernement de l’époque savait très bien ce qui se passait et avait fait de la torture un moyen de répression tout azimut pour mater un peuple en colère.
A l’époque le succès militaire remporté par le FLN après le déclenchement de la guerre de libération était une totale surprise pour les Français, et personne au gouvernement ne pouvait se rendre à l’évidence, en accepter les faits et décider avec courage de redonner aux Algériens leur liberté.
Trop d’intérêts étaient mis en jeu et l’existence même de la France était sur la sellette. Le pétrole, le gaz, les centres d’essais atomiques et chimiques…, autant de raisons qui avaient décidé le gouvernement français à réagir avec la plus grande fermeté envers des indigènes qui ne demandaient que leurs droits.
Dés lors que les insurgés (Les fellagas) étaient considérés comme des terroristes hors la loi, tous les moyens de répression étaient bons pour venir à bout de leurs actions meurtrières ! La stratégie de la lutte contre le FLN était dictée par une seule règle : ‘‘A toute situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles’’.
C’est ainsi que la torture fut systématiquement utilisée et généralisée dans tous les centres d’interrogatoire, rendus tristement célèbre par le nombre de victimes qui y avaient connu une fin plus qu'épouvantable entre les mains de militaires français indignes.

Les martyrs n’avaient droit ni à la tolérance ni à la merci et n’étaient pas traités comme des prisonniers de guerre, car l’état de guerre n’était même pas reconnu. Au mieux ce fut une insurrection populaire au pire « pour les plus extrémistes des coloniaux » une vulgaire entreprise de bandits malfrats.
La seule consolation morale pour les victimes de la torture, c’est que leur calvaire servait une cause noble, un idéal magnifique qui méritait le sacrifice. Une Algérie libre et indépendante était le rêve auquel s’accrochaient toutes les victimes et leur donnait du courage et un sens au martyre qu’ils subissaient. Etre torturé par un Français voulait dire implicitement que l’ennemie était prit de panique et que la guerre de libération était entrain de réussir.

Il est presque inutile de citer des exemples tellement le chiffre est effarant et la blessure profonde dans les cœurs des familles de victimes qui n’ont rien oublié de cette époque. Les nombreux rescapés de cette pratique ignoble sont toujours vivants et évoquent avec beaucoup de dignité et de pudeur le cauchemar qu’ils ont vécu.
Il ne faut surtout pas croire que l’utilisation de la torture a commencé en 1957 avec l’arrivée des paras ; en réalité elle fut introduite bien avant. Elle a été très largement utilisée pendant l’insurrection populaire qui a suivi la fin de la deuxième guerre mondiale où des milliers d’hommes et de femmes ont été honteusement suppliciées. Bien que peu d’informations aient filtré sur le sujet mais le peu est déjà plus que dramatique.
Le proverbe qui dit : « il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas » est bien approprié aujourd’hui à tous ceux qui ne manifestent aucun regret. L’attitude de Bigeard est celle d’un militaire indigne qui n’assume pas ses crimes et continue lâchement à narguer ses victimes avec une arrogance qui est propre aux tortionnaires. En se présentant en tenue militaire à une émission consacrée au thème de la torture, il veut affirmer ses vieilles convictions qui jettent le discrédit et la honte sur l’armée française. Sans le moindre remords, il justifie ses actes barbares par un besoin purement opérationnel et n’éprouve aucun regret après le massacre de milliers d’Algériens et même de Français partisans de l’Algérie libre.
La reconnaissance de la responsabilité du gouvernement français dans les torts subis par les victimes est nécessairement un premier pas vers l’ouverture d’un plus large débat sur la mémoire de la guerre d’Algérie. Les récentes déclarations des responsables français ne sont nullement à la hauteur des espoirs de ceux qui attendent depuis plus de quarante ans pour que leur calvaire soit enfin reconnu comme crime contre l’humanité. Il est tout à fait scandaleux de refuser de s’excuser officiellement et de demander le pardon et d’exprimer sa repentance auprès des hommes et des femmes qui n’en demandent pas plus.
Si la France, terre des Hommes et fervent pays initiateur de la déclaration universelle des droits de l’homme, refuse un tel droit à cause de fugaces considérations politiciennes, c’est alors la perpétuité du nom droit et de l’injustice. Ce ne sont pas les grands Etats qui font les grands hommes, ce sont les grands hommes qui font les grands Etats. Heureusement que des hommes dignes et nobles à l’image du défunt général J.Paris de Bollardière, ne renoncent pas à leurs principes et essayent au prix de lourds sacrifices, de sauver l’honneur militaire. Ce sont ces hommes qui font la fierté et la grandeur d’un Etat à travers l’histoire.
Même si l’Algérie est malade de ses dirigeants indignes, le peuple algérien reste malgré tout souverain et a tous les droits au respect et à la reconnaissance officielle de son martyre. Le pardon est une des grandes vertus du peuple algérien, et pour l’obtenir, il faut le demander avec humilité et sincérité. Tous les biens de la France ne peuvent dédommager une seule des victimes du bourreau Bigeard pour les supplices qu’elle a subi pendant un jour de calvaire. Rien n'équivaut aux instants de douleurs, de gémissements, de cris, de larmes, de sang,…,de mort, Rien ; pas même la vengeance car on ne peut pas souhaiter ces moments à son propre bourreau.
Même si les accords d’Evian ont, pour des raisons dictées par les circonstances de l’époque, écarté toute éventualité de poursuites contre l’Etat français, les victimes et leurs familles ont parfaitement le droit de demander réparation auprès des instances judiciaires qualifiées.
Les Moudjahidines victimes d’actes de tortures n’en parlent pas ou très peu, pour des raisons liées à l’honneur et aux traditions ; nous leurs demandons de franchir honorablement l’obstacle de la pudeur et de se constituer partie civile contre ceux qui ne regrettent rien, au nom de leurs frères qui ont succombé et qui ne sont plus présents pour demander justice. Le devoir de mémoire est un devoir sacré qu’il faut remplir pour rétablir l’honneur de ceux qui ont souffert.

Si le gouvernement français n’a pas autorisé la déclassification des archives liées aux événements de la guerre d’Algérie ce n’est pas pour protéger l’histoire familiale des généraux collaborateurs comme Larbi Belkheir, Khaled Nezzar, Mohamed Touati, Mohamed Lamari et tant d’autres mais bel et bien pour assurer l’anonymat des officiers français qui ont pris part à la guerre d’Algérie et pratiqué la torture ; ils sont nombreux et certains ont occupé des fonctions très sensibles.
L’exemple le plus frappant sans doute est peut-être celui du Général d’Armée Maurice Marie Joseph SCHMITT (chef d'Etat-Major des Armées du 16 novembre 1987 jusqu'en avril 1991), un ancien para qui était à Alger sous les ordres de Bigeard. Il a procédé lui-même à la torture de dizaines d’Algériens dont deux figures clés de la zone autonome (l’Algérois) qui ont succombé entre ses mains : Les martyrs Debih Chérif et Arrezki Bouzrina. Le général Schmitt a quand même été reçu officiellement et avec faste à Alger par Mohamed Lamari et ses paires au siège du ministère de la défense nationale !
La mémoire des faiseurs de politique est peut-être courte ou souffre d’amnésie temporelle qui se manifeste aux grés des tempêtes politiciennes, mais la mémoire des peuples est vive et reste toujours en quête de vérité et de justice quelles que soient les circonstances.




Voyage au bout de l’horreur
Massu, Bigeard et d’autres ont torturé, officieusement, pour la gloire de la France et pour la sauvegarde de ses intérêts suprêmes. Mohamed Mediene, Smain Lamari et leurs sbires continuent de torturer ; mais au nom de quel idéal, de quel intérêt? Est-ce celui de la préservation des pétrodollars dans des comptes en Suisse et en France ou la vente des mines d’or et de diamants situées dans le sud ou le bradage des biens économiques de l’Algérie au dinar symbolique !
La réponse est assez évidente, il suffit aujourd’hui de comparer leurs modes de vie à celui d’un peuple fier, mis à genoux, condamné par la force ( la Hogra ) dans un pays riche, à se nourrir à partir des poubelles, un peuple dont les enfants se mettent en concurrence avec des rats pour le ramassage de bouts de pain rassis….

C’est celle-là l’Algérie des généraux que certains politiciens français indignes, attirés par l’appât du gain facile, ont honteusement soutenu durant cette décennie. Quand Yves Bonnet prend publiquement la défense du général Smain Lamari en déclarant que son ami El Hadj Smain n’est pas un tortionnaire, c’est le comble ! Bonnet n’est pas le seul à soutenir la torture en Algérie, beaucoup d’autres issus de diverses couleurs politiques accomplissent la basse besogne dans les coulisses et profitent des offrandes bienveillantes des généraux tortionnaires.
Quelle honte pour la Françe de Jean Moulin de recevoir sur son sol le tortionnaire Smain Lamari et ses semblables !
Quelle honte pour la Françe de Pierre Mendès France de soutenir un Etat de non droit qui a institutionnalisé la pire des morts !

La culture de la torture est devenue une triste réalité depuis le début des années 90 ; et c’est Smain Lamari qui a pris l’initiative à l’époque d’organiser des séminaires lugubres au siège de l’institut supérieur des techniques du renseignement (situé à Beni Messous) auxquels étaient conviés des officiers de la DRS. Animés par d’ex-officiers du régime d’apartheid sud-africain et d’autres spécialistes étrangers des techniques d’interrogatoire, ces séminaires périodiques devaient initier un large nombre d’officiers aux méthodes de l’horreur. Il va sans dire que les conférenciers étaient très largement rémunérés pour leurs savants conseils.
Malheureusement pour l’Algérie, même après « l’indépendance », des endroits aux senteurs de la mort comme la villa Susini ont connu d’autres victimes. Sans doute parce que les premiers utilisateurs des lieux se sont tirés à bon compte et n’ont pas répondu de leurs crimes. Seulement le pire c’est pendant cette dernière décennie que nous l’avons connu. Les méthodes les plus atroces et les moyens les plus incroyables ont été mis à contribution par des Algériens qui n’ont retenu aucune leçon de leur histoire, faut-il encore que ça soit la bonne !
L’honneur de l’Algérie aurait été sauf si les généraux algériens avaient pris les mesures nécessaires contre les dépassements de quelle nature que se soit en menant une guerre digne de son passé.
La mémoire des martyrs et leurs idéaux aurait été glorifiée si les supplices qu’ils ont connus n’auraient pas été infligés à des Algériens bien des années après l’indépendance, par des pseudo-gardiens d’un système qui se veut au-dessus des lois.
La mémoire des héros qui ont succombé sous les tortures des inquisiteurs de Roger Whybot, de Massu et des autres aurait été révérée si le général Smain Lamari et ses acolytes n’avaient pas accouru pour se jeter dans les bras sauveurs de la DST.
Si nous parlons de la torture en Algérie aujourd’hui c’est bien parce qu’elle est indissociable de notre passé ; ce qui est arrivé à nos pères, à nos mères, à nos frères et sœurs ne devait jamais se répéter. Hélas, le cauchemar du peuple algérien ne veut pas prendre fin et le destin fait que nous arrivons en ce jour au constat de désolation qui endeuille tout un peuple et fait honte à nos martyrs.
Par devoir de justice et respect à la mémoire des martyrs victimes de tortures pendant la guerre de libération nationale, par respect aux victimes de ces dernières années et afin de leur rendre justice, en apportant notre humble témoignage nous espérons que leur calvaire pourra servir à empêcher de telles pratiques dans le futur.
Nous attestons que pendant cette décennie plusieurs dizaines de milliers d’Algérien ont subi une torture indescriptible: le chalumeau, la baignoire, le tourne vice, les clous des marteaux, la perceuse, le courant 220 volt, la castration, le viol des hommes et des femmes, la bouteille, le manche à balai, le démembrement ( où le tortionnaire coupe avec un sécateur les doigts l’un après l’autre et continue de le faire tant que la victime ne cesse de crier, l’arrachage des yeux avec une fourchette, couteau ou autres), ne sont qu’un bref sommaire des moyens utilisés. Cela donne envie de vomir rien que de les citer, mais justice doit être rendue aux victimes qui ont connu tout cela et bien plus encore, si l’on considère que des enfants aussi jeunes que onze ans ont subit ces supplices. Beaucoup ont trouvé la mort dans des conditions épouvantables et n’ont pas eu droit à une sépulture.
Le général Smain Lamari est nommé au début de l’année 1992 par son chef le général Larbi Belkheir à la tête de la coordination de la lutte anti-terroriste ( PCO ): Une nouvelle direction située à Château-neuf (en face de l’école de police) en charge : de l’organisation d’échange d’informations entre les différents services de sécurité (DRS, gendarmerie, police) et de la lutte anti-terroriste. Cette direction a pour objectif le gain de temps et l’exploitation rapide des informations dans un but d’efficacité opérationnelle. Le nouveau chef du commandement central opérationnel ( le PCO), donne à l’époque des consignes très strictes à tous les responsables sous ses ordres pour mener une lutte sans merci utilisant pour se faire tous les moyens indispensables pour la récolte de l’information. Le plan de bataille est étonnamment le même que celui qu’avait adopté Bigeard bien des années auparavant.
C’est Smain lamari en personne qui a conduit les premiers interrogatoires et a initié l’usage de la torture, donnant ainsi l’exemple à un large éventail d’officiers. Les militaires qui ont refusé de telles pratiques ont été, dans le meilleur des cas, répudiés par les chefs ; dans le pire des cas, liquidés froidement par l’équipe 192.
La pratique de la torture s’est ensuite propagée à toutes les composantes des forces armées de l’Etat, les consignes sont claires : zéro tolérance et pas de prisonniers ; la voie est ainsi ouverte à tous les dépassements au nom de la sécurité de l’Etat. Lorsque le général Abbas Gheziel ( le chef de la gendarmerie nationale ) a ordonné à ses troupes l’achèvement des blessés, Mohamed Lamari l’a tout de suite suivi en ordonnant cette fois d’user des moyens opérationnels nécessaires pour la récolte d’informations.
Le feu vert officiel ainsi donné, la jeune génération de tortionnaires, telles des hyènes, a commencé à faire du zèle pour plaire aux chefs et récolter des faveurs en tous genres. La concurrence entre centres d’interrogatoire est ouverte et des réputations lugubres sont nées ; le plus important est d’arriver à un résultat peu importe comment. Les centres de détention sont convertis en usines de la mort et les tortionnaires se sont transformés en machine à tuer. Certains tortionnaires sont devenus accro de la torture, même les doses abondantes d’héroïne qui leur sont fournies n’arrivent plus à les calmer. Des centres comme le CPMI, ANTAR, Château-neuf, Q.G. gendarmerie de Chéraga, commissariat central et tant d’autres sont devenus tristement célèbres et leur réputation a dépassé les frontières de l’Algérie.

Que peut-on dire d’autre, si ce n’est que cette pratique, que des officiers dignes ont dés le début des événements condamnés ouvertement, a jeté le déshonneur sur la plus grande institution de l’Algérie.
Le Mouvement Algérien des Officiers Libres a demandé depuis longtemps au président Lamine Zeroual de faire cesser la torture, de condamner cette pratique et de demander pardon aux familles des victimes afin de laver l’honneur de notre armée et rétablir l’Etat de droit. Rien n’a été fait car les responsables militaires changent de président comme ils changent de chemises.
Si l’adversaire était qualifié de hors la loi, l’armée algérienne ne devait jamais perdre le sens de la raison et se rabaisser en utilisant des moyens inhumains prenant ainsi la décision de se mettre hors la loi et de traîner, par conséquent, la réputation de l’ANP dans la boue.
Si la mémoire vive des victimes a rattrapé les généraux Massu, Aussaresses, Bigeard …et tant d’autres près de 40 ans après, les généraux algériens porteront jusqu'à l’éternité la malédiction liée aux exactions de cette dernière décennie qui aura été sans nul doute la plus honteuse de toute l’histoire de l’Algérie.
La qualification des crimes commis par Toufik, Smain et leurs sbires comme «crime contre l’humanité » est plus que justifiée et nécessite un jugement spécial: une traduction devant les instances pénales internationales pour que cela ne se reproduise pas ailleurs ; pour que de simples gouvernés ne puissent plus jamais être la proie des démons qui les gouvernent par le fer et le feu !
Le Mouvement algérien des Officiers Libres demande humblement et officiellement pardon aux victimes de la torture et à leurs familles et ce au nom de l’Armée Nationale Populaire et tous ses officiers dignes et intègres.
Même si le pardon et souvent difficile à obtenir pour ce genre de crimes abjects, nous espérons qu’avec notre promesse et notre parole d’honneur d’officiers que justice sera faite, les familles trouveront le courage nécessaire de supporter leurs douleurs (soit liées à la perte d’un proche ou à des tortures subies) et nous pardonner des crimes que d’autres officiers bourreaux ont commis.

Il est très difficile de trouver les mots qui apaisent, qui mettent du baume aux cœurs de ceux qui ont souffert et continuent de souffrir, mais nous pouvons leur assurer que leur douleur est la notre, que leur honneur est le nôtre et quelles que soient les circonstances nous ne laisserons à aucun prix ces crimes impunis et Dieu nous est témoin.
Aucun bien matériel ne peut ramener un proche, aucun trésor aussi lourd soit-il ne peut rétablir l’honneur, seul le droit et la justice peuvent apporter un peu de réconfort aux âmes qui ont fait le voyage au bout de l’horreur.

Il est presque inutile de rappeler que les généraux assassins ont toujours eu comme stratégie : la dilution de leurs crimes et massacres gravissimes en comptant sur l’effet réducteur du temps. La peur, la faim et l’insécurité ont anéanti le pauvre citoyen et l’on réduit au silence et à la souffrance muette, mais n’ont jamais eu raison de sa détermination profonde à demander des comptes pour tous les préjudices subis.
Les crimes de Massu, Bigeard, et les autres sont restés impunis, c’est la raison pour laquelle d’autres tortionnaires, d’une autre espèce, ont osé et ont réitéré les mêmes gestes ignobles. Il aurait été autrement en Algérie aujourd’hui si les responsables de la torture pendant la guerre d’Algérie avaient reçu le châtiment qu’ils méritent.
Il est tout à fait urgent de faire les démarches judiciaires nécessaires pour faire toute la lumière sur le sort des disparus, victimes des tortures. Les familles des victimes ne doivent plus avoir peur car ces généraux de la honte payeront même à titre posthume ; l’histoire les classera avec les Massu, Bigeard et les monstres de leur espèce.
Le Mouvement Algérien des Officiers Libres incite toutes les victimes de la torture des deux époques à accomplir leur devoir de mémoire et entreprendre les démarches nécessaires à la traduction en justice des bourreaux responsables quelle que soit leur nationalité.
A aucun prix il ne faut se taire ; la loi doit être au-dessus de tous et en défendant ses droits on défend le respect de la loi et le devenir des générations futures.

LES POILUS, GUERRE 14-18,

L'ECHO des MONTAGNES, dans le légitime but de vous informer, rend hommage aux poilus de 1914-1918, car sans leur courage, sans leur sacrifice, notre vie ne serait rien.

L'ECHO des MONTAGNES, a cette occasion, vous laisse lire le discours de NICOLAS SARKOSY, prononcé le lundi 18 mars 2008, à PARIS et intitulé: "l'hommage national aux combattants de 1914-1918"



17-03-08


Discours de M. le Président de la République en hommage aux combattants de la Première guerre mondiale

Paris – Lundi 17 mars 2008


Le dernier survivant vient de rejoindre le premier mort de la plus atroce des guerres.
Qui se souvient de ce premier mort ?
Il était Caporal. Le 2 août 1914, en poste dans le village de Joncheray au sud-est du Territoire de Belfort, il s’oppose à une patrouille allemande qui a violé la frontière. Il fait les sommations d’usage. En réponse, l’officier qui commande la patrouille sort son revolver et tire. Il est mortellement touché. Avant de mourir il a le temps de riposter et de blesser mortellement à son tour celui qui vient de lui ôter la vie.
On pose les deux corps dans une grange côte à côte sur un lit de paille.

Le Français a 21 ans à peine. Il est instituteur. Il s’appelle Jules-André Peugeot.
L’Allemand est Alsacien, natif de la région de Mulhouse. Il a tout juste 20 ans. Il s’appelle Camille Mayer.
Ils aimaient la vie comme on l’aime à 20 ans. Ils n’avaient pas de vengeance, ils n’avaient pas de haine à assouvir.
Ils avaient 20 ans, les mêmes rêves d’amour, la même ardeur, le même courage.
Ils avaient 20 ans et le sentiment que le monde était à eux.
Ils avaient 20 ans, ils croyaient au bonheur.
Ils sortaient à peine de l’enfance et ils ne voulaient pas mourir.
Ils sont morts tous les deux par un beau matin d’été, en plein soleil, l’un d’une balle à l’épaule, l’autre d’une balle en plein ventre, ils étaient les premiers acteurs inconscients d’une même tragédie dont le destin aveugle et la folie des hommes avaient depuis longtemps [...]



1/4
DISCOURS DE M. LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
Hommage national aux combattants de 1914-1918
Paris – Lundi 17 mars 2008
Le dernier survivant vient de rejoindre le premier mort de la plus atroce des guerres.
Qui se souvient de ce premier mort ?
Il était Caporal. Le 2 août 1914, en poste dans le village de Joncheray au sud-est du Territoire de
Belfort, il s’oppose à une patrouille allemande qui a violé la frontière. Il fait les sommations d’usage.
En réponse, l’officier qui commande la patrouille sort son revolver et tire. Il est mortellement touché.
Avant de mourir il a le temps de riposter et de blesser mortellement à son tour celui qui vient de lui
ôter la vie.
On pose les deux corps dans une grange côte à côte sur un lit de paille.
Le Français a 21 ans à peine. Il est instituteur. Il s’appelle Jules-André Peugeot.
L’Allemand est Alsacien, natif de la région de Mulhouse. Il a tout juste 20 ans. Il s’appelle Camille
Mayer.
Ils aimaient la vie comme on l’aime à 20 ans. Ils n’avaient pas de vengeance, ils n’avaient pas de
haine à assouvir.
Ils avaient 20 ans, les mêmes rêves d’amour, la même ardeur, le même courage.
Ils avaient 20 ans et le sentiment que le monde était à eux.
Ils avaient 20 ans, ils croyaient au bonheur.
Ils sortaient à peine de l’enfance et ils ne voulaient pas mourir.
Ils sont morts tous les deux par un beau matin d’été, en plein soleil, l’un d’une balle à l’épaule, l’autre
d’une balle en plein ventre, ils étaient les premiers acteurs inconscients d’une même tragédie dont le
destin aveugle et la folie des hommes avaient depuis longtemps tissé secrètement la trame sinistre qui
allait prendre dans ses fils une jeunesse héroïque pour la conduire au sacrifice.
Ces deux morts de 20 ans ne virent pas la suite effroyable de ce qu’ils avaient commencé, ces millions
de morts tombés face contre terre fauchés par les mitrailleuses, noyés dans la boue des tranchées,
déchiquetés par les obus. Ils ne virent pas non plus l’immense foule de ces millions de blessés, de
paralysés, de défigurés, de gazés, qui vécurent avec le cauchemar de la guerre gravé dans leur chair.
Ils ne virent pas les parents qui pleuraient leurs fils, les veuves qui pleuraient leurs maris, les enfants
qui pleuraient leurs pères.
Ils n’éprouvèrent pas la souffrance d’un soldat qui fume cigarette sur cigarette « pour vaincre l’odeur
des morts abandonnés par les leurs qui n’ont même pas eu le temps de jeter sur eux quelques mottes de
terre, pour qu’on ne les vît pas pourrir ».
Ces deux jeunes de vingt ans ne connurent pas les nuits de pluie, l’hiver, dans les tranchées, « l’attente
silencieuse et grelottante, les minutes longues comme des heures ».
Ils ne croisèrent pas les colonnes qui revenaient du feu « avec leurs plaies, leur sang, leur masque de
souffrance » et leurs yeux qui semblaient dire à ceux de la relève : « N’y allez surtout pas ! »
Ils ne se battirent pas sans relâche contre la boue, contre les rats, contre les poux, contre la nuit, contre
le froid, contre la peur.
2/4
Ils n’eurent pas à vivre pendant des années avec le souvenir de tant de douleurs, avec la pensée de tant
de vies foudroyées à côté d’eux et des corps qu’il fallait enjamber pour monter à l’assaut.
Lazare Ponticelli fut de ceux qui survécurent après avoir connu toutes les souffrances et toutes les
horreurs de cette guerre la plus terrible peut-être que le monde ait jamais connu. La mort l’épargna
miraculeusement, comme si elle avait choisi de le sauver pour qu’il puisse témoigner, pour qu’il fût un
jour le dernier témoin. Et quel témoin !
Sa vie commence comme une légende. Elle se poursuit comme un roman, le roman de tous les pauvres
bougres qui n’avaient à offrir que leur coeur, leur courage et leurs mains de travailleurs et qui
donnèrent tout parce qu’ils avaient chevillé au corps l’idée simple du devoir et qui furent français quel
que soit l’endroit où ils étaient nés non par le sang reçu mais par le sang versé.
Lui, il naît dans le Nord de l’Italie à la fin du XIXe siècle, sur cette terre montagneuse où la vie est
dure, la misère est partout et l’exil est bien souvent le seul espoir d’échapper à la faim.
Sa mère le met au monde en plein champ un 24 décembre. Pendant trois jours une tempête de neige
empêche de déclarer sa naissance. La déclaration ne sera enregistrée que le 27 décembre. Mais la date
est mal écrite. Officiellement voici Lazare enregistré à la date du 7 décembre !
Il a six ans quand l’aîné de ses frères meurt, bientôt suivi par son père. Sa mère doit s’éloigner de plus
en plus souvent pour trouver du travail.
Sa soeur aînée qui s’est installée en France vient chercher son frère et sa soeur qui vivent encore au
village avec lui. Elle n’a pas assez d’argent pour payer aussi son voyage.
A sept ans, il est seul. Il est berger. Il se lève tous les matins à 5 heures et travaille toute la journée en
échange de l’hébergement et de la nourriture. Il rêve de partir. L’Amérique, la France, Paris, n’importe
où. Il veut s’arracher à la fatalité de la misère. Il est prêt à se donner de la peine, à travailler dur, à
faire des sacrifices pourvu qu’il lui soit donné d’espérer une vie meilleure.
L’hiver il se fait chasseur de grives pour gagner de quoi se payer le voyage. Il se fabrique lui-même
des chaussures. Et à dix ans il part seul, en clandestin, pour Paris. Il y fait toutes sortes de petits
boulots. A 15 ans, grâce à ses économies, il crée une entreprise de ramonage avec un ami un peu plus
âgé que lui.
Il a 16 ans quand la guerre éclate. Il s’engage dans la légion étrangère en trichant sur son âge. « J’étais
Italien, dira-t-il, mais je voulais défendre la France qui m’avait accueilli. C’était une manière de dire
merci ».
Il participe aux terribles combats dans la forêt d’Argonne, entre l’Aisne et la Meuse, où les positions
françaises et allemandes s’enchevêtrent les unes dans les autres, dans la boue argileuse, entre les
étangs et les marécages.
Au premier engagement son régiment perd 161 hommes en dix minutes, 30 tués, 114 blessés, 17
disparus. Un témoin de ces combats appellera l’Argonne « la mangeuse d’hommes ».
Avant l’assaut on distribue du rhum aux soldats. Après l’assaut les survivants entendent dans les
tranchées les hurlements des blessés abandonnés entre les lignes et que l’on ne peut secourir qu’une
fois la nuit tombée.
Un jour Lazare rampe jusqu’à un de ces blessés dont la jambe a été arrachée par un éclat d’obus et le
tire derrière les lignes françaises. Il n’a jamais su ce qu’il était devenu. Il n’a d’ailleurs jamais cherché.
Il avait juste fait ce qu’il avait dû. Il ne demandait aucune reconnaissance. Cet homme à qui il avait
sauvé la vie en risquant la sienne l’avait pris dans ses bras et lui avait dit : « Merci pour mes quatre
enfants ». Cela avait suffi à Lazare.
En 1915 l’Italie réclame ses ressortissants pour défendre son sol. Lazare refuse de quitter la France et
ses camarades de combat. Après ce qu’il vient de vivre, il se considère comme Français. Il faudra que
3/4
deux gendarmes viennent le chercher pour l’amener de force à Turin. Il est envoyé au Tyrol se battre
contre les Autrichiens.
Il se bat bien. Il est blessé d’un éclat d’obus à la jambe gauche. Rétabli, il repart au front. Son
comportement au feu lui vaut une citation à l’ordre de l’armée et la plus haute distinction militaire
italienne.
Après l’armistice, il ne veut pas être démobilisé comme soldat italien. Il veut être libéré de ses
obligations militaires par la France où il veut retourner. Il se rend au consulat de France à Milan,
montre son livret militaire et se fait reconnaître comme soldat français. Libéré, il rentre à Paris et
reprend son travail de ramoneur.
Il fonde avec ses deux frères une entreprise qui compte aujourd’hui près de 4000 employés. Sa devise
est : « Union. Travail. Sagesse ». Cette devise, il en fera la ligne de conduite de toute sa vie.
En 1938, sentant venir la guerre, il demande à être naturalisé Français. Il devient officiellement
Français en 1939. Pendant la guerre il travaille avec la Résistance, fournit des renseignements, cache
des armes, fabrique des explosifs. Il n’a pas le sentiment, une fois encore, d’être un héros, juste de
faire son devoir envers le pays qui l’a accueilli, qui lui a donné sa chance et qui est devenu le sien.
Lazare Ponticelli a vécu longtemps. Il est mort à 110 ans, le 12 mars 2008. Comme si dans ce dernier
vivant toute la vie s’était concentrée pour montrer à quel point elle pouvait être plus forte que le
malheur.
Lui qui avait connu la plus extrême violence, il s’est éteint en ayant l’air de s’endormir, dit sa fille. Il
avait tout réussi, accompli tous les rêves du petit garçon de 10 ans qui avait quitté son village de
misère pieds nus dans la nuit un siècle auparavant.
Ce héros anonyme, qui ne cessa jamais d’être fidèle aux valeurs d’honnêteté, de travail, de loyauté que
son père lui avait enseignées, avait pour destinée de ne devenir célèbre qu’au jour de sa mort, parce
que ce jour-là la Grande guerre allait cesser d’appartenir au souvenir pour ne plus appartenir qu’à
l’Histoire.
Comme le visage du caporal Peugeot au moment de sa mort préfigure les visages des millions de
morts qui allaient venir, celui de Lazare Ponticelli à son dernier instant les résume tous.
Avant que ne meure l’avant-dernier survivant, il ne savait pas que le destin lui réservait ce rôle de
dernier témoin. Mais toute sa vie jusqu’à la fin, il n’a cessé de vouloir témoigner.
Il disait : « L’horreur de cette guerre je ne l’ai pas oublié, ni pour moi, ni pour ceux qui sont morts.
C’est pourquoi je vais le 11 novembre au monument aux morts ». Il ne manqua pas une
commémoration de toute sa vie.
Aux enfants des écoles, il répétait : « Ne faites pas la guerre ». La guerre, il ne la racontait que pour en
faire sentir l’horreur et pour en faire comprendre l’absurdité qu’il ressentit si fortement au Tyrol quand
soldats autrichiens et italiens fraternisaient entre deux assauts en s’échangeant du pain contre du tabac.
Comme tous les combattants de 14-18, il aurait voulu que cette guerre fût la dernière. Mais il a fallu
que l’Europe se jetât une fois encore dans l’horreur et qu’elle fût menacée d’anéantissement pour
qu’elle se décide enfin à faire la paix avec elle-même pour toujours.
L’hommage solennel que la nation tout entière rend aujourd’hui à Lazare Ponticelli, c'est un hommage
à tous ses camarades de combat dont la plupart lui sont inconnus mais qui sont devenus des frères dans
la douleur et la souffrance, cet hommage solennel n’est pas un hommage rendu à la guerre, c’est un
hommage à ceux qui l’ont faite, marin, aviateurs, cavaliers, artilleurs, fantassins, civils, en souffrant et
4/4
en risquant leur vie pour l’amour de leur patrie et pour l’idée qu’ils se faisaient de ce qu’ils lui
devaient, pour l’idée qu’ils se faisaient de la liberté, de l’honneur et du courage.
Au milieu des circonstances tragiques qui les dépassaient, pris dans un engrenage fatal dont aucun
n’était individuellement responsable, ils n’ont pris les armes au fond que pour une seule raison : parce
qu’ils préféraient mourir en hommes libres plutôt que de vivre en esclaves. Ce qu’ils ont fait c’est plus
qu’on ne pouvait demander à des hommes et ils l’ont fait. Trente ans plus tard, aux Glières où j’irai me
recueillir demain, une poignée d’hommes allaient eux aussi faire le sacrifice de leurs vies en
proclamant : « vivre libre ou mourir ! »
Jeunesse de France, souvenez-vous toujours de ce que vous devez aux femmes et aux hommes qui
furent si grands dans l’épreuve et dans le malheur !
Nul désormais ne racontera plus à ses petits-enfants ou à ses arrière-petits-enfants la vie terrible des
tranchées, ni les combats de l’Argonne, ni ceux du chemin des Dames. Nul n’entendra plus le vieux
Poilu dire à ses petits-enfants ou à ses arrière-petits-enfants : ne faites plus jamais la guerre.
Il est de notre devoir que, par-delà l’Histoire, la mémoire demeure malgré tout vivante. C’est un
devoir national, c’est un devoir humain. On ne construit pas son avenir en oubliant son passé, mais en
l’assumant et en le surmontant.
Mais le souvenir est fragile quand la mort est passée.
Un autre immigré, engagé volontaire en 1914, avait écrit en partant à la guerre à celle qu’il aimait :
« Si je mourais là-bas sur le front de l’armée
Tu pleurerais un jour et puis mon souvenir s’éteindrait
Si je meurs là bas souvenir qu’on oublie
Souviens t’en quelquefois (…) »
Il s’appelait Guillaume Apollinaire, il avait vingt quatre ans, il aimait la vie comme on l’aime à vingt
ans, il n’avait pas de haine. Il était le fils d’un père italien et d’une mère d’origine balte. Il fut blessé à
la tempe. Affaibli par sa blessure, il mourut de la grippe espagnole en 1918.
Il est, comme des millions d’autres, le frère de Lazare par delà la mort et pour l’éternité. Il est le frère
de cet homme dont la mort paisible referme les dernières blessures avec lesquelles tant de femmes et
d’hommes ont dû apprendre à vivre. Il est, comme des millions d’autres, le frère de cet homme dont le
sort a voulu qu’il fût l’ultime survivant mystérieusement choisi, peut être parce qu’il en était digne
tout simplement, pour témoigner du grand rêve de fraternité qui unissait tous ceux qui avaient connu
cet enfer où chacun, au milieu du massacre, s’était demandé un jour s’il était encore un homme.
En cet instant, dans toute la France la pensée de chacun se tourne vers ces femmes et ces hommes qui
nous ont appris la grandeur du patriotisme qui est l’amour de son pays et la détestation du
nationalisme qui est la haine des autres. Et par delà le silence de la mort, ils nous parlent encore au
nom de ce qu’ils ont enduré. Ils nous disent que la compréhension, le respect et la solidarité humaine
sont les seuls remparts contre la barbarie qui, à chaque instant, si nous n’y prenons pas garde, peut
menacer à nouveau de submerger le monde.
Nous ne les oublierons jamais.




PALESTINE,GAZA,PROTOCOLES de TORONTO,ISRAËL,GENOCIDE

L'ECHO des MONTAGNES, dans le légitime but de vous informer, vous rappelle que l'état d'ISRAËL doit être traduit devant le T.P.I. pour crimes contre l'HUMANITE et que jamais dans l'histoire, un occupant a gagné la guerre; c'est ce qui va se passer pour Israël qui occupe la PALESTINE et y pratique un génocide sans précédent, jusqu'à l'extermination du peuple Palestinien.

En effet:

Israël mobilise des réservistes de l'armée afin de participer aux opérations militaires lancées depuis samedi sur la bande de Gaza, annonce le secrétaire du gouvernement israélien.
"Les forces de défense israélienne vont, dans les prochains jours, faire appel à davantage de réservistes", a déclaré Oved Yehezkel à la presse.
Des responsables de l'armée israélienne ont déclaré que des réservistes avaient déjà été mobilisés pour venir en aide aux communautés juives situées à proximité de la frontière avec Gaza et qui sont menacées par des tirs de roquettes palestiniennes.
De nouveaux réservistes vont participer aux préparatifs des forces armées en prévision d'une possible intensification du conflit, a déclaré un responsable de l'armée.
Depuis samedi, l'armée israélienne mène des raids aériens sur la bande de Gaza mais le gouvernement a laissé entendre qu'une opération terrestre n'était pas à exclure.

Gaza : des militants internationalistes témoignent


Publié le 27-12-2008


Le mouvement Free Gaza (http://FreeGaza.org) est parvenu samedi à recueillir plusieurs témoignages en direct de la barbarie de l’aviation israélienne samedi à Gaza. Ils émanent, pour la plupart, de militants des droits de l’homme étrangers, arrivés à Gaza à bord des bateaux du Free Gaza Movement. Plus de 60 avions israéliens ont participé samedi à la tuerie, larguant plusieurs centaines de tonnes de bombes sur la grande prison à ciel ouvert que forme la bande de Gaza et le million et demi de Palestiniens qui tentent d’y survivre. Voici ces témoignages.
(Dans Gaza assiégée, 27 décembre 2008)
“Lors des attaques, j’étais dans la rue Omar al Mokhtar, l’une des principales avenues de la ville de Gaza. J’ai vu un dernier missile frapper dans la rue, à une distance de 150 mètres environ, à un endroit où la foule s’était déjà assemblée pour tenter d’extraire les cadavres des premières frappes. Les ambulances, les voitures, les camionnettes, tout ce qui pouvait rouler, était à l’œuvre pour conduire les blessés à l’hôpital. Les hôpitaux ont été contraints de libérer les lits des malades, pour faire de la place aux blessés. J’ai appris que les morgues étaient pleines, et que les centres de transfusion manquaient de sang. Je viens d’apprendre que parmi les civils tués aujourd’hui, il y a la mère de bons copains à moi dans le camp de Djabalyah.
- Eva Bartlett (Canada) International Solidarity Movement
"Les missiles israéliens ont frappé au milieu d’un terrain de jeux pour enfants et du marché de Deir el Balah. Nous sommes arrivés juste après, pour voir de nombreux blessés, tandis que les morts avaient été évacués. Tous les hôpitaux de Gaza sont actuellement débordés, et ils n’ont pas les médicaments et fournitures médicales pour soigner les blessés. Israël est coupable de crimes contre l’humanité ; Israël viole le droit international et les droits de l’homme, foulant au pied les conventions des Nations-Unies. Et ils s’apprêtent à continuer leurs attaques. Il faut que le monde réagisse, et intensifie le boycottage d’Israël » -
- Ewa Jasiewicz ( Polonaise, Britannique) Free Gaza Movement
"La morgue de l’hôpital Shifa est pleine. Des cadavres et des restes humains sont éparpillés un peu partout dans l’hôpital”
- Dr. Haidar Eid, (Palestinien, Sud-Africain) Professeur à l’Université Al Aqsa, Gaza
"Les missiles ont commencé à tomber alors même que c’était la sortie des écoles, et que les enfants rentraient chez eux à pied, dans les rues. Je suis sortie sur le palier, et une fillette de cinq ans, terrifiée, m’est tombée dans les bras »
- Sharon Lock (Australie) International Solidarity Movement
"C’est affreux. Ce massacre n’apportera pas la sécurité à l’Etat d’Israël, et ne lui permettra pas d’intégrer le Moyen-Orient. Maintenant, ce ne sont plus que des appels à la vengeance qui retentissent »
- Dr. Eyad Sarraj – Responsable du centre de santé mentale de Gaza
"A l”heure où j’écris ces lignes, un immeuble vient d’être touché à 200 mètres d’ici. Il y a de la fumée partout. Plus tôt dans la matinee, je me suis rendu auprès d’un immeuble de Rafah, qui avait été touché. Deux bulldozers étaient en action. On pensait que tous les cadavres avaient été extraits. Mais au moment où j’arrivais, on en trouva un de plus.
- Jenny Linnel (Britannique) International Solidarity Movement
"A côté de la maison où je suis logée, on vient de trouver les corps de deux petites filles, sous une voiture, entièrement brûlées. Les enfants rentraient de l’école. Encore un châtiment collectif. J’ai vécu à Beyrouth sous les bombardements israéliens. Le message d’Israël est le même à Gaza qu’à Beyrouth : tuer les civils »
- Natalie Abu Eid (Liban) International Solidarity Movement
(traduit par CAPJPO-EuroPalestine)

A l’attention des médias : vous pouvez, si vous avez un minimum de conscience professionnelle, recueillir des témoignages directs de la situation à Gaza, en téléphonant aux différentes personnes citées ci-dessous, dont voici les coordonnées :
Dr. Eyad Sarraj (Arabic and English) +972 599400424
Ewa Jasiewicz, Free Gaza Co-Coordinator in Gaza (Polish, Arabic, and English) - +972 59 8700497
Dr. Haider Eid (English and Arabic) + 972 59 9441766
Sharon Lock (English) +972 59 8826513
Vittorio Arrigoni (Italian) +972 59 8378945
Fida Qishta (English and Arabic) +972 599681669
Jenny Linnel (English) +972 59 87653777
Natalie Abu Shakra (Arabic and English) 0598336 328

Pour l'ECHO DES MONTAGNES,ISRAËL doit être traduit devant le TRIBUNAL PENAL INTERNATIONAL de la HAYE, pour crimes contre l'Humanité, ainsi que leur complice dans le monde.

PLAINTE TRIBUNAL PENAL INTERNATIONAL LA HAYE, GENOCIDE,ISRAËL, HITLER,STALINE

L'ECHO des MONTAGNES, dans le légitime but de vous informer, vous publie sa plainte auprès du T.P.I. de la HAYE, PAYS-BAS, pour "crimes contre l'humanité de la part des dirigeants d'ISRAËL et de leurs complices chefs d'ETAT et de Gouvernement des différents pays du monde.
Recopier cette plainte, faites la circuler, et porter vous même plainte contre ces barbares, car la PAIX pour ISRAËL a un goût de sang d'enfants innocents!

PLAINTE auprès du TRIBUNAL PÉNAL INTERNATIONAL
de LA HAYE pour crimes de guerre, agressions,génocide et de crimes contre l'Humanité commis à Gaza depuis le 27 décembre 2008.
adresse postale:
Po Box 19519
2500CM
The HAGUE
The Nederlands
L'ECHO des MONTAGNES vous fournira sur simple demande par courriel, le modèle de cette plainte qu'il suffira de "copier-coller" en y mettant vos noms et qualités.
@ de votre journal préféré: echosdesmontagnes@gmail.com

LA PLAINTE

REQUÊTE à MR le Président de la République Française, Mr NICOLAS SARKOSY,
Palais de l'Elysée
55,rue du Faubourg Saint -Honoré
75008 PARIS
(Lettre en recommandé avec accusé de réception)
His Excellency, MR FREDERIC BERGER , rédacteur en chef de l'ECHO des MONTAGNES et Ambassadeur Européen de l'I.E.T. WHF a l’honneur de vous demander, par application de l’article 8 du Traité de Rome du 17 juillet 1998 instaurant la Cour Pénale Internationale de la Haye, de bien vouloir saisir d’un plainte:

- d’une part le Conseil de Sécurité (articles 12 et 13 b) à l’encontre de
M. Shimon PERES, Président de l’Etat d’Israël,
M. Ehud OLMERT, Premier Ministre et Ministre des Affaires sociales de l’Etat d’Israël
Mme Tzipi LIVNI, Premier Ministre suppléant et Ministre des Affaires étrangères de l’Etat d’Israël,
M. Ehud BARAK, Premier Ministre adjoint et Ministre de la Défense de l’Etat d’Israël,
- d’autre part Monsieur le Procureur auprès de la Cour pénale internationale (article 14) à l’encontre de toute autre personne que l’enquête établira, pour des faits de crimes de guerre, agressions, génocide,crimes contre l'humanité commis sur la terre palestinienne de Gaza, à compter du 27 décembre 2008.

PLAN

1. Les faits
1.1. L’engagement par Israël d’une guerre « sans merci »
1.2. Des faits reconnus et condamnés par l’ONU
1.2.1. Déclarations
1.2.1.1. Déclaration de M. Ban Ki-moon
1.2.1.2. Conférence de presse de M. John Holmes et de Mme Karen Koning AbuZayd
1.2.2. Réunion du Conseil de Sécurité du 31 décembre 2008
1.3. Déclarations des autorités françaises
2. En droit
2.1. Les buts de la Cour Pénale Internationale
2.2. La compétence de la Cour
2.2.1. Une compétence matérielle, en référence aux faits commis
2.2.2. Une définition des crimes de guerre
2.3. Le caractère personnel des poursuites
2.4. L’engagement des poursuites 2.4.1. Plainte du Conseil de Sécurité (Article 12 et 13) 2.4.2. Plainte d’un Etat partie au Traité (Article 14)
3. Conclusion
3.1. Sur la recevabilité
3.2. Sur le bien fondé de la plainte
3.3. Sur l’urgence, liée à la flagrance du crime
3.4. Sur l’opportunité
4. Pièces jointes

1. Les faits


1.1. L’engagement par Israël d’une guerre « sans merci »
Le 27 décembre 2008, le gouvernement de l’Etat d’Israël a lancé une opération militaire à l’encontre du territoire de Gaza, sous gouvernement politique du mouvement le Hamas, légitimement élu. Le 29 décembre 2008, le Ministre israélien de la Défense, M. Ehoud Barak, a affirmé devant la Knesset, que l’Etat d’Israël s’était engagé dans une guerre « sans merci ».
Baptisée « Plomb durci », cette opération s’est révélée d’une violence inédite depuis l’occupation des territoires palestiniens par Israël en 1967. Le gouvernement d’Israël a annoncé qu’après une première phase aérienne, viendrait une attaque terrestre. Les offres de cessez-le-feu ont été rejetées, et les ressortissants étrangers ont été évacués.
Une semaine après le lancement de l’opération militaire, les autorités publiques de Gaza déploraient plus de 400 morts et de 2.000 blessés. Ce bilan s’alourdit de jour en jour. De nombreux civils, dont des enfants, figurent parmi les victimes. L’ONU a confirmé ces chiffres. Selon Christopher Gunness, porte-parole de l’Agence de l’ONU pour l’aide aux réfugiés palestiniens (Unrwa), au moins 25% des Palestiniens tués depuis le début de l’offensive militaire d’Israël sur le territoire de Gaza sont des civils.
De plus, les personnels administratifs du gouvernement et des ministères ne sauraient, au prétexte que le Hamas exerce le pouvoir, être assimilés à des combattants. C’est dire qu’en réalité, seule une minorité de combattants figure parmi les victimes.
De fait, les 1,5 millions d’habitants vivent dans la terreur et se trouvent privés des besoins élémentaires qui assurent la vie, compte tenu de blocus qu’impose Israël.
« Les conditions pour les parents et les enfants à Gaza sont dangereuses et effrayantes. Pour beaucoup de gens, c’est une situation de vie ou de mort », a affirmé dans un communiqué, Maxwell Gaylard, le porte-parole du Coordinateur spécial de l’ONU pour le processus de paix au Proche-Orient (Unsco).
Parmi tant d’autres exemples, la presse internationale a fait état de la mort des cinq filles de M. et Mme Anwar Baaloucha, à Jabaliya, tuées dans leur sommeil, la maison s’étant écroulée après une frappe de l’aviation israélienne sur une mosquée voisine. Les cinq jeunes filles étaient mineures : Jawaher, 4 ans, Dina, 8 ans, Samar, 12 ans, Ikram, 14 ans et Tahrir, 17 ans.
La presse et les organisations humanitaires apportent maints témoignages :
- de la disproportion manifeste entre cette offensive militaire et sa cause annoncée, à savoir les tirs de roquettes depuis le territoire palestinien de Gaza, lesquelles ont fait un mort en deux ans ;
- des épreuves terribles auxquelles sont exposées les populations civiles qu’il s’agisse de leur sécurité physique ou de la protection de leurs biens.
La presse souligne la violence de l’attaque israélienne et son absence de discernement.
La déléguée générale palestinienne auprès de l’Union Européenne, Leïla Chahid, a accusé Israël de commettre un « crime de guerre » à Gaza et reproché à la communauté internationale d’avoir « laissé tomber la population palestinienne. » Elle a ajouté : « Rien ne justifie le bombardement d’une population civile d’un million et demi de personnes qui vivent sur 356 km2, et dire qu’on est en train de bombarder les combattants du Hamas c’est du non-sens. On est en train de bombarder une population civile, qui est déjà assiégée depuis plusieurs mois (...) C’est un crime de guerre, fondamentalement. »
1.2. Des faits reconnus et condamnés par l’ONU
Cette reconnaissance et ces condamnations ressortent de plusieurs déclarations des hauts responsables de l’ONU et d’une réunion du Conseil de sécurité du 31 décembre 2008
1.2.1. Déclarations
1.2.1.1. Déclaration de M. Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU, le 29 décembre 2008 (SG/SM/12025). Le Secrétaire général de l’ONU manifestant son inquiétude devant « l’ampleur de la violence et du bain de sang qui se produisent à Gaza » a déclaré que « tout en reconnaissant les soucis de sécurité d’Israël concernant les tirs continus de roquettes en provenance de Gaza » il réitérait « fermement, l’obligation d’Israël de se conformer au droit humanitaire international et aux normes régissant les droits de l’homme », condamnant l’usage excessif de la force qui cause des morts et des blessés parmi les civils.
1.2.1.2. Conférence de presse de M. John Holmes, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence du système des Nations Unies et de Mme Karen Koning AbuZayd, Commissaire générale de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), qui intervenait par liaison vidéo depuis Gaza, le 31 décembre 2008.
M. John Holmes a indiqué qu’au 30 décembre le nombre de blessés palestiniens était compris dans une fourchette allant de 1 550 à 1 900 personnes et que, côté israélien, le bilan était de 4 tués et de 30 personnes blessées par des tirs de roquettes du Hamas. À titre de comparaison, il a ensuite signalé qu’alors qu’en octobre 2008, 125 camions transportant des vivres et autres biens humanitaires entraient chaque jour dans Gaza, ce nombre est descendu à moins de 60 camions par jour depuis le coup de force israélien.
Qualifiant cette opération militaire de « particulièrement létale et sanglante », il a indiqué que les hôpitaux de Gaza étaient submergés : « Ce qui complique la tâche du personnel hospitalier, ce sont les coupures d’électricité dues aux pénuries de carburant ». John Holmes a expliqué que la centrale électrique de Gaza avait cessé de fonctionner, cet arrêt plongeant dans l’obscurité, pendant environ 16 heures par jour, quelques 650 000 Gazaouis, et entravant le fonctionnement des infrastructures publiques.
Mme Karen Koning AbuZayd a notamment déclaré : « Si la faim n’est pas encore un phénomène largement répandu à travers le territoire, le fait est que les habitants de Gaza ne peuvent pas manger comme ils le devraient. » Elle a également précisé que, pour la première fois depuis sa présence sur place, l’UNRWA avait demandé que soient livrées en grandes quantités des bougies, afin de pallier le manque d’électricité et alléger ainsi les souffrances psychologiques des habitants de Gaza. À ce sujet, décrivant « un état de peur et de panique généralisé », elle a indiqué que les enfants subissaient, de manière cruelle, les effets néfastes du fracas des explosions et de l’incertitude, stressante, des frappes aériennes.
Mme Koning AbuZayd a admis qu’elle était dans l’incapacité de dire si les cinq mosquées détruites par Israël l’avaient été parce qu’elles auraient servi de caches d’armes au Hamas. De même, elle s’est refusée à commenter la décision israélienne de maintenir fermés les principaux points de passage menant à Gaza, ou permettant d’en sortir, au motif que ces endroits seraient des cibles terroristes potentielles.
1.2.2. Réunion du Conseil de sécurité du 31 décembre 2008 (CS/9560)
Le Conseil de sécurité s’est réuni le 31 décembre 2008. M. Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU, a condamné les attaques du Hamas contre Israël, mais s’agissant de la riposte d’Israël, il a retenu l’expression « d’usage disproportionné de la force ».
S’agissant des populations civiles, M. Ban Ki-moon a décrit le peuple de Gaza comme « terrifié », expliquant que les frappes israéliennes « ont aussi touché des maisons, des mosquées et des magasins. Plus de 300 personnes ont été tuées, dont au moins 60 femmes et enfants ».
Cette attaque frappe une population fragilisée par le blocus. Le pipeline qui permet de ravitailler Gaza en carburant a été coupé. M. Ban Ki-moon a expliqué qu’il y a aussi « une pénurie de farine qui se traduit par la disparition progressive du pain » et que « la centrale électrique de Gaza est fermée chaque jour pendant près de 16 heures, du fait du manque de carburant. »
M. Riyad Mansour, Observateur permanent de la Palestine auprès des Nations Unies, a déclaré que « l’occupant israélien » agissait en violation du droit international, en persistant dans une agression brutale contre des centaines de sites à Gaza, et ce, malgré la déclaration du Conseil de Sécurité du 28 décembre. Israël continue à faire fi de tous les appels au cessez-le-feu, a-t-il ajouté, accusant le Gouvernement israélien de fouler ainsi aux pieds toutes les valeurs humaines de paix et de solidarité.
M. Giadalla A. EttalhiI (Jamahiriya arabe libyenne) a déploré que face au coup de force israélien contre Gaza, qu’il a qualifié de « crime contre l’humanité », de « crime de génocide » et de « crime de guerre ».
M. Dumisani S. Kumalo (Afrique du Sud) a affirmé que les frappes israéliennes sont une violation du droit humanitaire international.
M. Marty Natalegawa (Indonésie) a dit qu’Israël devrait mettre fin immédiatement à ses attaques contre les populations civiles innocentes de Gaza, et respecter le droit humanitaire international.
M. Bui The Giang (Viet Nam) a déclaré que, tout en reconnaissant à Israël le droit de se défendre, le Viet Nam condamnait sa riposte disproportionnée qui a occasionné de nombreuses pertes civiles parmi la population de Gaza.
M. Jorge Urbina (Costa Rica) a estimé que l’usage disproportionné de la force dont fait montre Israël ne saurait être justifié, la légitime défense n’autorisant pas le recours à des représailles massives. Il a également dit que devaient être respectées les dispositions du Statut de Rome visant à assurer la protection des populations et des biens civils, ce qui suppose que les belligérants fassent la différence entre civils et combattants.
M. Maged A. Abdelaziz (Égypte) a soutenu que les tueries de civils et l’usage disproportionné de la force par Israël représentent des violations du droit international et exigent une intervention du Conseil de Sécurité pour mettre fin à une telle situation. Il a demandé à ce qu’il soit mis fin à la politique de deux poids deux mesures qui règne au Conseil quand cette région est concernée.
M. Yahya Mahmasani, Observateur permanent de la Ligue des États arabes auprès des Nations Unies, a fustigé le comportement d’Israël, qui risque d’entrainer un redoublement de violence dans la région.
M. Jean Maurice Ripert (France) et Mme Chrsitine Detaille (Belgique) ont eux aussi retenus la notion de « riposte disproportionnée et sans égard pour les populations civiles. »
1.3. Déclarations des autorités françaises
Dans un communiqué du 27 décembre 2008, vous avez, Monsieur le Président de la République, reconnu la disproportion de l’attaque, condamnant « fermement les provocations irresponsables qui ont conduit à cette situation ainsi que l’usage disproportionné de la force », et déplorant « les importantes pertes civiles et exprimant ses condoléances aux victimes innocentes et à leurs familles. »
Dans un communiqué du 27 décembre 2008, M. François Fillon, Premier ministre, a indiqué avoir « appris avec consternation le terrible bilan humain de la reprise des violences en Israël et dans la bande de Gaza », ajoutant que « ses pensées vont aux familles et aux proches des victimes civiles. »
* * *
C’est dans ce contexte que les associations signataires vous demandent de déposer une plainte devant Monsieur le Procureur près la Cour Pénale Internationale de la Haye (Article 14), et de saisir le Conseil de Sécurité aux fins d’engagement de poursuites (Articles 12 et 13 b).
La flagrance des crimes justifie le dépôt de cette plainte en urgence, qu’il s’agisse de la constitution des preuves ou de l’identification des coupables.
Les associations signataires sont particulièrement attachées au respect des droits fondamentaux, en tous les points de la planète, et elles estiment que face à la violence, la Justice est la meilleure réponse.

2. En droit


2.1. Les buts de la Cour Pénale Internationale
La Cour Pénale Internationale résulte des statuts adoptés par le Traité de Rome du 17 juillet 1998, entré en vigueur le 1er juillet 2002. La France a signé et ratifié le traité. Il n’est pas besoin de rappeler le rôle joué par la France dans la création de cette juridiction pénale internationale, qui concrétise l’un des buts de l’ONU.
Le préambule du Traité expose les finalités de la juridiction, pour les Etats signataires :
« Conscients que tous les peuples sont unis par des liens étroits et que leurs cultures forment un patrimoine commun, et soucieux du fait que cette mosaïque délicate puisse être brisée à tout moment,
« Ayant à l’esprit qu’au cours de ce siècle, des millions d’enfants, de femmes et d’hommes ont été victimes d’atrocités qui défient l’imagination et heurtent profondément la conscience humaine,
« Reconnaissant que des crimes d’une telle gravité menacent la paix, la sécurité et le bien-être du monde,
« Affirmant que les crimes les plus graves qui touchent l’ensemble de la communauté internationale ne sauraient rester impunis et que leur répression doit être effectivement assurée par des mesures prises dans le cadre national et par le renforcement de la coopération internationale,
« Déterminés à mettre un terme à l’impunité des auteurs de ces crimes et à concourir ainsi à la prévention de nouveaux crimes,
« Rappelant qu’il est du devoir de chaque État de soumettre à sa juridiction criminelle les responsables de crimes internationaux… » Le Traité, soulignant l’importance du respect des droits fondamentaux pendant les guerres, entend qu’aucun obstacle formel ne puisse faire obstacle au jugement des coupables, dès lors que les infractions sont constituées, et il rappelle qu’il en va du devoir des Etats.
Les associations signataires soulignent l’alinéa :
« Reconnaissant que des crimes d’une telle gravité menacent la paix, la sécurité et le bien-être du monde »
Il s’agit en effet autant de la mémoire des victimes que de refuser la spirale de la violence.
2.2. La compétence de la Cour
2.2.1. Une compétence matérielle, en référence aux faits commis
Aux termes de l’article 1, la Cour Pénale Internationale exerce sa compétence à l’égard des personnes pour les crimes les plus graves ayant une portée internationale, au sens du présent Statut. L’article 8, qui fonde l’action de la Cour, prend pour référence les faits :
« La Cour a compétence à l’égard des crimes de guerre, en particulier lorsque ces crimes s’inscrivent dans le cadre d’un plan ou d’une politique ou lorsqu’ils font partie d’une série de crimes analogues commis sur une grande échelle. »
Ayant affiché le but – l’absence d’impunité pour les criminels de guerre – le Traité recherche les culpabilités individuelles, et non celles des Etats, et définit la compétence par rapport aux faits, en non par rapport à la qualité des personnes. Notamment, le Traité a voulu que la compétence de Cour ne soit pas limitée au motif que les agissements criminels seraient le fait des ressortissants d’Etats non partie au Traité.
La Cour a appliqué cette règle dans l’affaire du Darfour, engageant les poursuites sur plainte du Conseil de Sécurité contre le responsable d’un Etat qui n’est pas partie au Traité.
2.2.2. Une définition des crimes de guerre
L’article 8 du Statut précise la notion de « crime de guerre ». Il s’agit d’abord des infractions graves aux Conventions de Genève du 12 août 1949 (article 147) à savoir « l’un quelconque des actes ci-après lorsqu’ils visent des personnes ou des biens protégés par les dispositions des Conventions de Genève :
« i) L’homicide intentionnel ;
« iii) Le fait de causer intentionnellement de grandes souffrances ou de porter gravement atteinte à l’intégrité physique ou à la santé ;
« iv) La destruction et l’appropriation de biens, non justifiées par des nécessités militaires et exécutées sur une grande échelle de façon illicite et arbitraire. »
Le statut apporte des précisions.
Sont ainsi considérés comme crimes de guerre les autres « violations graves des lois et coutumes applicables aux conflits armés internationaux » dans le cadre établi du droit international, à savoir, et l’article 8 cite notamment :
« i) Le fait de diriger intentionnellement des attaques contre la population civile en tant que telle ou contre des civils qui ne participent pas directement part aux hostilités ;
« ii) Le fait de diriger intentionnellement des attaques contre des biens de caractère civil, c’est-à-dire des biens qui ne sont pas des objectifs militaires ;
« iv) Le fait de diriger intentionnellement une attaque en sachant qu’elle causera incidemment des pertes en vies humaines dans la population civile, des blessures aux personnes civiles, des dommages aux biens de caractère civil ou des dommages étendus, durables et graves à l’environnement naturel qui seraient manifestement excessifs par rapport à l’ensemble de l’avantage militaire concret et direct attendu ;
« v) Le fait d’attaquer ou de bombarder, par quelque moyen que ce soit, des villes, villages, habitations ou bâtiments qui ne sont pas défendus et qui ne sont pas des objectifs militaires. » Ces définitions sont explicitées par le règlement de la Cour intitulé « Eléments des crimes ».
2.3. Le caractère personnel des poursuites
C’est l’article 25 qui pose le principe de la responsabilité pénale individuelle.
Aux termes du 1° alinéa, la Cour est compétente à l’égard des personnes physiques.
L’alinéa 2 pose le principe décisif :
« Quiconque commet un crime relevant de la compétence de la Cour est individuellement responsable et peut être puni conformément au présent Statut. »
C’est parce qu’il y a crime de guerre que la Cour peut être saisie. La qualité des auteurs n’est qu’une donnée secondaire, et l’identification de ces personnes est l’objet même de l’enquête. Le plaignant doit agir en fonction des faits. Retenir la solution inverse aurait conduit à nier les buts affichés du Traité, qui sont de combattre les crimes les plus graves car « ils menacent la paix, la sécurité et le bien-être du monde. » Le critère matériel étant rappelé, le Traité précise comment doit être appréciée la responsabilité personnelle, avec l’alinéa 3.
« Aux termes du présent Statut, une personne est pénalement responsable et peut être punie pour un crime relevant de la compétence de la Cour si :
a) Elle commet un tel crime, que ce soit individuellement, conjointement avec une autre personne ou par l’intermédiaire d’une autre personne, que cette autre personne soit ou non pénalement responsable ;
b) Elle ordonne, sollicite ou encourage la commission d’un tel crime, dès lors qu’il y a commission ou tentative de commission de ce crime ;
c) En vue de faciliter la commission d’un tel crime, elle apporte son aide, son concours ou toute autre forme d’assistance à la commission ou à la tentative de commission de ce crime, y compris en fournissant les moyens de cette commission ;
d) Elle contribue de toute autre manière à la commission ou à la tentative de commission d’un tel crime par un groupe de personnes agissant de concert. Cette contribution doit être intentionnelle et, selon le cas :
i) Viser à faciliter l’activité criminelle ou le dessein criminel du groupe, si cette activité ou ce dessein comporte l’exécution d’un crime relevant de la compétence de la Cour ; ou
ii) Être faite en pleine connaissance de l’intention du groupe de commettre ce crime.
2.4. L’engagement des poursuites
2.4.1. Plainte du Conseil de sécurité (Article 12 et 13 b)
Le Conseil de sécurité peut saisir la Cour pénale internationale de crimes survenus sur le territoire d’un Etat non partie ou commis par les ressortissants d’un tel Etat. Cette faculté de saisine de la Cour par le Conseil de sécurité, suite à la plainte d’un Etat, est définie par les articles 12 et 13 b.
Le Conseil de sécurité peut saisir la Cour dans le cadre du chapitre VII de la Charte des Nations Unies, c’est-à-dire « en cas de menaces contre la paix, de rupture de la paix et d’actes d’agression ».
Le but retenu par cette disposition est d’exclure tout risque d’impunité, dès lors que sont en cause des crimes de guerre.
Cette dispositions peut jouer à l’encontre des responsables politiques d’un Etat non signataire du Traité (Affaire du Darfour).
2.4.2. Plainte des Etats signataires du Traité (Article 14)
Tout Etat partie peut saisir directement le procureur près la Cour pénale internationale.
« 1. Tout État Partie peut déférer au Procureur une situation dans laquelle un ou plusieurs des crimes relevant de la compétence de la Cour paraissent avoir été commis, et prier le Procureur d’enquêter sur cette situation en vue de déterminer si une ou plusieurs personnes identifiées devraient être accusées de ces crimes.
« 2. L’État qui procède au renvoi indique autant que possible les circonstances pertinentes de l’affaire et produit les pièces à l’appui dont il dispose. »
Le préambule crée une obligation pour les Etats, et l’article 14 précise la procédure. La dénonciation des faits est une obligation, alors que l’appréciation de l’opportunité relève de la Cour, et le cas échéant du Conseil de sécurité. C’est en fonction de ces éléments que le Procureur, au visa de l’article 53, évalue les renseignements portés à sa connaissance, et ouvre une enquête, à moins qu’il ne conclue qu’il n’y a pas de « base raisonnable » pour poursuivre en vertu du présent Statut. Ces dispositions ont joué dans trois affaires : Ouganda, République Démocratique du Congo, et République Centrafricaine.

3. Conclusion


3.1. Sur la recevabilité
L’Etat d’Israël a signé le Traité de Rome du 17 juillet 1998 mais ne l’a pas ratifié.
Par application de les articles 12 et 13 b, le Conseil de Sécurité est compétent pour saisir la Cour Pénale Internationale à l’encontre des dirigeants d’un Etat n’ayant pas ratifié le Traité, car il y a manifestement des menaces contre la paix et des actes d’agression au sens du chapitre VII de la Charte des Nations Unies.
Par application de l’article 14, un Etat partie est recevable à porter plainte devant Monsieur le procureur près la Cour Pénale Internationale, sur la base de la connaissance de faits ayant les caractères d’un crime de guerre. La plainte n’étant pas dirigée contre des personnes dénommées, la saisine directe du procureur est recevable. Il est de la mission du procureur d’enquêter à partir des faits (Article 54).
3.2. Sur le bien fondé de la plainte
Ces éléments de fait et de droit constituent une « base raisonnable » au sens de l’article 53 du statut.
- Monsieur le Secrétaire Général de l’ONU et nombre d’Etats, dont la France, ont dors et déjà reconnu le caractère disproportionné de l’attaque, qui a causé près de 400 morts en une semaine, et avec de destructions matérielles considérables, atteignant très directement les populations civiles.
- Sont atteintes les populations civiles, dans la proportion d’environ un quart, des membres administratifs du mouvement Hamas pour l’essentiel, mais des combattants du Hamas pour une minorité. En effet, les personnels administratifs du gouvernement et des ministères ne sauraient, au prétexte que le Hamas exerce le pouvoir, être assimilés à des combattants.
- Cinq pays membres du Conseil de Sécurité, la Jamahiriya Arabe Libyenne, l’Afrique du Sud, l’Indonésie, Viet Nam, le Costa Rica, l’Égypte ainsi que l’observateur permanent de la Ligue des États Arabes auprès des Nations Unies, ont expressément dénoncé la violation du droit international humanitaire
- Les crimes définis par l’article 147 de la Convention de Genève et précisées par l’article 8 du Traité de Rome de 1998 le sont pour temps de guerre, de telle sorte qu’ils ne peuvent, en toute hypothèse, être justifiés par l’allégation de violences subies.
- Ces pertes nombreuses d’être humains et ces destructions massives, frappant au cœur d’un population fragilisée par un blocus imposé par Israël, sont sans proportion avec le but allégué d’instaurer l’ordre. Le but réel est la destruction de la société palestinienne, qui en soi, est un crime de guerre.
- Cet absence de but diplomatique est d’autant plus flagrant que l’Etat d’Israël est dans l’incapacité de prendre de telles décisions. En effet, son premier ministre est démissionnaire pour cause de corruption, et les forces politiques ont été dans l’incapacité de former une coalition. Cette guerre est un argument de campagne électorale.
La France, qui a joué un rôle moteur dans la création de cette Cour Pénale Internationale, ne peut aujourd’hui renier son engagement, alors que des crimes de guerre d’une ampleur rare sont commis en pleine lumière.
Le dépôt de la plainte n’empêchera en rien la France de poursuivre les actions diplomatiques qui lui paraitront adéquates, car aucune solution de paix durable ne peut inclure l’absolution de crimes de guerre.
3.3. Sur l’urgence, liée à la flagrance du crime
Il incombe que cette plainte soit déposée au plus tôt.
L’engagement de cette procédure sera de nature à limiter l’action du gouvernement d’Israël, et la perspective de sauver des vies humaines justifie l’urgence de la démarche.
Une action urgente facilitera la réunion des preuves, alors que la justice internationale est trop souvent critiqué pour la lenteur de ses réactions, qui s’accompagne d’un disparition des preuves.
3.4. Sur l’opportunité
A la violence doit répondre la Justice. Dans la perspective d’un règlement global, le recours à la Justice sera un message de portée universelle. Le but est la recherche de la paix, ce qui conduit à condamner des faits d’une gravité telle qu’ils sont une menace pour les relations internationales.
Il ne saurait être allégué que cette plainte se heurterait à des questions d’opportunité, parce qu’elle marquerait une hostilité vis-à-vis de l’Etat d’Israël. La plainte est dirigée, comme le prévoit le Traité, contre des personnes, pas contre les Etats.
Surtout, les contrecoups qui peuvent résulter de l’engagement de la procédure ont été analysés avec soin lors de la négociation du Traité, et la situation de fait qui est la matière de la plainte ne présente pas de spécificités à cet égard. Les risques et les avantages avaient été pesés, et la rédaction retenue est le fruit du meilleur compromis.
Le Traité prévoit d’ailleurs que la procédure s’ouvre par une phase préalable, avant l’engagement effectif des poursuites, de telle sorte qu’il n’y a pas à anticiper sur cet examen, qui relève de la Cour et non pas d’une auto-censure des plaignants. Le devoir des Etats est de porter plainte (Préambule) dès lors qu’est connue l’existence de crimes de guerre, caractérisés en l’occurrence par la disproportion de l’attaque et les pertes civiles massives qui s’en résultent.
Ce devoir est sans réserve, l’examen de l’opportunité relevant de la compétence de la Cour.
Si dans des temps futurs, la procédure s’avérait être un frein réel à la signature d’une paix globale, le Conseil de sécurité pourrait, par application de l’article 16, suspendre la procédure.
Dans l’immédiat, le devoir des Etats se conjugue à la défense de la paix. L’engagement de la procédure sera un signe de première importance pour les populations victimes de ces crimes. Elle renforcera l’autorité à la Cour pénale internationale, montrant que l’action de celle-ci s’étend aux puissances économiques et militaires.

4. Pièces jointes


1. Déclaration du Conseil de sécurité du 28 décembre 2008
2. Déclaration de M. Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU, le 29 décembre 2008 (SG/SM/12025)
3. Conférence de presse de M. John Holmes, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence du système des Nations Unies et de Mme Karen Koning AbuZayd, Commissaire générale de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), le 31 décembre 2008.
4. Réunion du Conseil de sécurité du 31 décembre 2008 (CS/9560)
5. Délibérations des associations
* * * C’est pour l’ensemble de ces motifs que les requérants vous demandent, Monsieur le Président de la République, de bien vouloir saisir le Conseil de Sécurité de l’ONU et Monsieur le Procureur près la Cour Pénale Internationale de la Haye, par application des articles 8, 12, 13 b et 14 du Traité de Rome du 17 juillet 1998 instaurant la Cour Pénale Internationale de la Haye.
Et ce sera Justice.
Comptant sur vos diligences et vous en remerciant vivement, croyez MR NICOLAS SARKOSY, Président de la République Française, que je reste votre dévoué.

Frédéric BERGER